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Les chantiers de la croissance : booster du développement

Construction des barrages, routes, ponts, ports, aéroports, autoroutes, logements, stades, projets miniers… le Cameroun a fait le choix d’investir massivement dans les grands chantiers pour rattraper son retard en matière d’infrastructures et accélérer son développement.

Par Adamou Petouonchi et Pius Moulolo - © DR

Le plan de développement du Cameroun est ambitieux. Pour atteindre le cap de l’émergence fixé à l’horizon 2035, le Président Biya a opté pour « la mise en œuvre de grands projets agricoles, miniers, industriels, énergétiques et infrastructurels » contenus dans son programme des « grandes réalisations ». Aucun secteur de l’économie n’est épargné par cette vague impressionnante de projets qui poussent comme des champignons dans toutes les régions. Ces nombreux projets structurants – plus de 18 pour ceux dits de première génération – dans les secteurs de l’agro-industrie, des infrastructures routières, portuaires et aéroportuaires, de l’énergie, de l’immobilier et l’aménagement urbain, des industries extractives et des nouvelles technologies ont placé le pays sur les rails de l’émergence. Si la croissance du Cameroun était jusqu’ici plombée et paralysée par le manque d’infrastructures, le déficit énergétique et la sous-industrialisation de l’économie, alors la réalisation effective et progressive de ces premiers chantiers dessine un horizon plus éclairci.

Cap sur le secteur de l’énergie

Là où l’offre énergétique fait défaut, la croissance piétine et amorce même un recul. Quand l’énergie abonde, la croissance décolle. Le Président Biya le sait parfaitement. Preuve à l’appui : c’est dans ce secteur qu’il a lancé les premiers chantiers d’envergure. Les plus emblématiques sont évidemment le barrage réservoir de Lom-Pangar, sur le fleuve Sanaga, les centrales hydroélectriques de Memve’ele, Nachtigal et Mekin, le barrage de Bini à Warak, la réhabilitation des centrales existantes et la construction de lignes de transport d’électricité. L’enjeu est crucial : gagner la bataille de l’énergie et porter les capacités de production à 3 000 MW d’ici 2020. Le coût global des financements s’élève à environ 5 853 milliards de francs CFA (plus de 8,9 milliards d’euros) sur dix ans pour la réalisation des infrastructures de production et de transport d’électricité par grands réseaux, et à 664 milliards de francs CFA (plus d’un milliard d’euros) pour le programme d’électrification rurale.

Les autoroutes de la croissance

Dans le secteur du transport routier, plusieurs chantiers portent les espoirs de croissance du Cameroun. D’abord la construction presque achevée d’un second pont sur le fleuve Wouri à Douala, capitale économique du pays. Il s’agit d’un joyau architectural qui a couté 119 milliards de francs CFA et supporté à hauteur de 87 milliards par la coopération française. Ensuite, l’on peut citer l’élargissement et l’aménagement des entrées est et ouest de Douala (167 milliards de francs CFA). De même, les attentes des hommes d’affaires pour la relance de l’économie sont orientées vers la construction de l’autoroute Yaoundé-Douala. Cette infrastructure permettra de réduire les coûts et le temps de transport. Également en friche : le bitumage d’un nombre important des tronçons, ainsi que le désenclavement intérieur des terres agropastorales qui, pour leur part, permettront de relier les zones de production et d’approvisionnement aux zones de commercialisation.

La croissance en eau profonde à Kribi

Le port de Kribi est l’un des chantiers phares du septennat des « grandes réalisations » du Chef de l’État. Cette infrastructure, qui est à la fois un port minéralier et une plateforme de transbordement pour la sous-région, va tirer et doper la croissance du pays. « C’est de là que nous exporterons nos minerais fer, cobalt, aluminium, hydrocarbures, etc. , mais aussi les productions agricoles de notre arrière-pays. C’est autour de ce port que se grouperont nos industries de transformations. [...] C’est encore vers le port de Kribi que convergeront les voies ferrées qui transporteront nos minerais bruts ou transformés », avait affirmé le Président Paul Biya le 8 octobre 2011.
Pouvant accueillir des navires de 15 à 16 m de tirant d’eau et d’une capacité de 100 000 tonnes, le port de Kribi comprend un terminal à conteneurs d’une capacité annuelle de 400 000 Équivalent vingt pieds (EVP, unité de mesure qui représente environ 30 m3), un terminal aluminium, un terminal hydrocarbures et un terminal polyvalent. Le Port autonome de Kribi (PAK), situé à 35 km de la ville, jouit d’un positionnement stratégique sur le golfe de Guinée. Il est la porte d’entrée d’un gigantesque marché couvrant plusieurs millions de consommateurs répartis dans la sous-région. La raison : son ouverture sur la façade est de l’océan Atlantique et son faisceau de communications multimodales.

Les mines en révolution

Les chantiers lancés par le Cameroun concernent la révolution agricole de deuxième génération, l’industrialisation et la diversification de l’économie. Plusieurs projets ont vu le jour. S’agissant du secteur minier par exemple, le projet du fer de Mbalam dans l’est du pays est développé par Cameron Iron, une société anonyme de droit camerounais ; il prévoit la construction d’un chemin de fer de 490 km entre la localité de Mbalam et la côte maritime du pays. Le projet du diamant de Mobilong, situé dans l’arrondissement de Yokadouma, et évidemment plusieurs autres projets concernant l’or, la bauxite et le pétrole sont mis en œuvre. Reste comme objectifs de développer l’industrie manufacturière et le système productif.

Retrouvez cet article en intégralité dans CAPECO Africa N° 12