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Portrait de Louis Paul Motaze, Ministre de l’Économie.

De retour au Ministère de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire (Minepat) à la faveur du remaniement du gouvernement intervenu le 2 octobre 2015, Louis Paul Motaze est bien décidé à mener à bien la feuille de route du Chef de l’État Paul Biya.

Par Adamou Petouonchi - © AFP - 2014 Anadolu Agency

La presse et l’opinion publique camerounaises ne sont pas avares de surnoms à l’endroit de leur Ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire. Pour certains, il est « l’homme du Président », « l’architecte du pays », « le stratège » ; pour d’autres, c’est « le bulldozer », « Monsieur projets structurants », ou encore « le bâtisseur », « l’homme de tous les chantiers ». D’autres encore parlent de lui comme du « joker » du gouvernement.
Major de sa promotion à École nationale d’administration et de magistrature (ENAM), section économie et finance, l’administrateur civil touche-à-tout semble avoir construit son parcours comme un parfait élève, accumulant les bons points que réserve la méritocratie. Il incarne désormais en même temps l’atout charme et la main de fer qui pilote les grands projets du pays. Quatre mots viennent à l’esprit le concernant. Technocrate d’abord, parce qu’il jouit d’une bonne maîtrise des dossiers et a participé à l’élaboration de la vision de développement du pays contenue dans le Document de stratégie pour la croissance et l’emploi (DSCE). Pragmatique ensuite, car, homme de terrain, sa culture de l’efficacité est indéniablement liée à l’extrême proximité qu’il entretient avec ses collaborateurs et les populations. Politicien ensuite, du fait qu’il est un militant très actif au sein du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC) – membre titulaire du Comité central et vice-président de la Cellule humanitaire du RDPC, il est par ailleurs une personnalité de ce grand parti politique œuvrant pour le compte du Dja-et-Lobo, dans le Sud. Ecrivain enfin, parce qu’il est l’auteur de l’ouvrage intitulé L’Afrique et le défi de l’extension de la sécurité sociale L’exemple du Cameroun, paru en 2008 aux éditions Pyramide Papyrus Presse.

Sa marque dans les secteurs des transports et de la sécurité sociale

Dans l’administration, il débuta sa carrière en 1983 par un passage éclair à la Division des affaires économiques de la Présidence de la République. Son DESS en transport international obtenu en 1985 à l’Institut portuaire d’études et de recherche (IPER) du Havre lui ouvrit les portes de l’importante société de transport maritime Cameroon Shipping Lines (Camship), où il finit quatre ans plus tard comme directeur commercial. Toujours dans le secteur des transports, il intégra en 1989 la Camair, alors compagnie aérienne de l’État camerounais. Au sein de cette structure, fierté de l’économie nationale, il gravit presque tous les échelons. Il y fut tour à tour directeur commercial entre 1989 et 1993, directeur de l’audit et du contrôle de gestion entre 1993 et 1998, puis conseiller technique pendant un an.
Après dix ans de bons et loyaux services rendus à la Camair, le Chef de l’État lui confia la lourde et sensible charge de gérer le système de sécurité sociale du Cameroun, en le nommant à la tête de la Caisse nationale de prévoyance sociale (CNPS). En dépit d’une situation financière précaire, du malaise des retraités et de la grogne sociale grandissante, il réussit contre toute attente à inverser la courbe et mettre les comptes de cette entreprise au vert. Ce fut une grande révolution qui apporta une bouffée d’oxygène à la CNPS et redonna par conséquent le sourire aux retraités et pensionnaires. Le nombre d’assurés progressa, passant de 584 000 à 647 800, et la pension vieillesse s’éleva jusqu’à 74 % des prestations totales. De leur côté, les recettes de l’entreprise passèrent de 49 milliards de francs CFA en 1999 à 69 milliards en 2004, avant de pratiquement doubler en 2007, année au cours de laquelle Louis Paul Motaze fut appelé à s’occuper du portefeuille très stratégique du Minepat.

Au cœur des grands projets

Il déborde d’énergie, fait bouger les lignes, négocie des partenariats et va à la recherche de financements pour soutenir les chantiers lancés par le Président Biya. À la tête de l’un des plus gros départements ministériels, il détonne par son enthousiasme et son optimisme. Le Chef de l’État lui confie la présidence du Comité de pilotage du complexe industrialo-portuaire de Kribi et du barrage de Mékin, deux importants projets qui cristallisent les attentes des Camerounais.
En 2011, en constituant le gouvernement d’action pour son programme de « grandes réalisations », le Président de la République le nomme au poste convoité de Secrétaire général des Services du Premier ministre. Cette responsabilité lui assure une sphère d’influence élargie puisqu’il est alors le collaborateur le plus proche du Premier ministre, aux côtés de qui il est chargé de coordonner l’action du gouvernement. En octobre 2015, c’est un homme très expérimenté qui fait son come-back au ministère qu’il avait occupé quatre ans plus tôt.

Le secret de sa réussite ?

Interrogé sur le secret de sa réussite, le Ministre de l’Économie répond avec flegme : « Il n’y a que dans le dictionnaire que "réussite" vient avant "travail". » On comprend mieux cette réplique empruntée au journaliste français Pierre Fornerod lorsqu’on observe l’énergie que Louis Paul Motaze déploie pour mettre en œuvre la vision des « grandes réalisations » du Président Biya. Il ne thésaurise pas son temps. Quand il faut descendre sur le terrain, visiter les chantiers, contrôler les travaux, vendre le label « Cameroun », etc., la variable « temps » ne rentre pas dans ses calculs.

Retrouvez cet article en intégralité dans CAPECO Africa N° 11