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Le Cameroun, un « bon risque » pour les investisseurs

Pourquoi un investisseur choisirait-il d’investir au Cameroun plutôt que dans un autre pays africain ? Où il est question du couple rendement-risque…

Par Adamou Petouonchi - © AFP - Jean-Michel Leligny

La décision d’investir ou non dans un pays dépend des atouts et des potentialités économiques de ce pays par rapport à d’autres. Les investisseurs recherchent les nations qui offrent les meilleures combinaisons de couple rendement-risque. Le Cameroun se présente aujourd’hui comme un « marché » pour les investisseurs, proposant à la communauté des entrepreneurs locaux et étrangers plusieurs opportunités à saisir.

Un cadre macroéconomique propice

Malgré les chocs exogènes, une situation économique préoccupante dans la sous-région Afrique centrale, une crise sécuritaire dans la région de l’Extrême-Nord et des tensions sociales dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, l’économie camerounaise fait preuve de résilience. Une résilience appréciée par les institutions financières internationales, en dépit d’un recul dans le rythme de progression de son PIB en 2016, avec un taux de 4,7 %, contre 5,8 % en 2015. En 2017, les estimations du FMI, de la Banque mondiale, de la BAD et de la BEAC oscillent entre 4,9 % et 5,1 %. Plus encourageantes encore, les projections tablent sur une croissance plus importante pour les trois années à venir.
L’économie camerounaise, soutenue par le secteur non pétrolier et les réformes structurelles, devrait retrouver sa vigueur. Elle poursuit sa diversification et son industrialisation. Fort des réformes entreprises pour améliorer le climat des affaires et d’une diversification économique en marche, le pays a lancé ces dernières années une vague de projets structurants dans des secteurs phares pour son développement : l’agro-industrie, les infrastructures de transport, l’énergie, l’immobilier et l’aménagement urbain, les industries extractives, et les nouvelles technologies. Cette diversité témoigne de la multiplicité et de l’ampleur des opportunités d’investissement. Ce qui fait dire que le Cameroun est un endroit où il fait bon investir.

Cameroun, niche d’opportunités

Le Cameroun dispose en effet de nombreux atouts qui fondent son attractivité. Plusieurs projets structurants y sont en friche et en attente d’investissements, dans différents secteurs de l’économie. Les réalisations en cours d’importantes infrastructures permettent de capter une masse assez considérable d’investisseurs. Le pays est doté d’innombrables opportunités, encore sous-exploitées, sur lesquelles « tout investisseur avisé peut prendre appui pour fonder sereinement sa décision », estime le média camerounlink.com.
Deuxième potentiel hydroélectrique d’Afrique, le Cameroun dispose également de réserves significatives de gaz naturel, et s’est engagé dans une construction d’infrastructures énergétiques de grande envergure. La diversité de ses sols et milieux naturels, ses richesses agropastorales et halieutiques lui valent le titre de « grenier de l’Afrique centrale ». Ses 17 millions d’hectares de forêts exploitables le positionnent au rang de 2e massif forestier d’Afrique.
Ses ressources minières sont encore peu exploitées. Exemple ? Le Cameroun dispose d’un vaste gisement de fer ; c’est la 2e réserve en Afrique, et 4e mondiale, avec 220 millions de minerais riches à plus de 60 % de fer. On parle de « scandale géologique », au vu de l’attractivité minéralogique du pays, dont les réserves ne sont connues qu’à concurrence de 40 % puisque 60 % du territoire reste à prospecter sur les plans géologique et minier. Le Cameroun est aussi riche sur le plan hydraulique, avec d’énormes ressources en eaux superficielles et souterraines. Cependant, l’attractivité que représentent ses sols et sous-sols n’est rien comparée à ses deux plus grandes richesses : sa position géographique stratégique et la volonté politique de ses dirigeants.

Un hinterland sans cesse croissant

Le Cameroun se distingue par sa position stratégique, au carrefour de l’Afrique de l’Ouest et de l’Afrique centrale, et à l’intersection des zones Cedeao et Cemac. Il a une frontière commune avec cinq États de la CEEAC, la région totalisant 140 millions d’habitants. Si l’on y ajoute son ouverture sur l’océan Atlantique et les 1 700 km de frontière qu’il partage avec le Nigéria (en Afrique de l’Ouest), lesquels ouvrent la porte à quelque 170 millions de consommateurs supplémentaires, l’on a alors un marché potentiel de plus de 300 millions de personnes. Presque autant que la population des États-Unis ! Ce qui constitue une gigantesque opportunité d’investissements et crée les conditions d’un marché attrayant, à la fois pour la consommation et pour la construction d’infrastructures diverses.
Le Président Biya lui-même n’hésite pas à sensibiliser les investisseurs à ces innombrables atouts qui font du Cameroun un « bon risque » à prendre : « Je lance un appel en direction de nos créateurs de richesses pour qu’ils prennent toute leur part afin de stimuler la croissance de notre économie. Il y va de l’intérêt de tous. […] Les chantiers sont nombreux, pour assurer le progrès social et la prospérité à notre pays. Nos atouts sont connus de tous. Mais nous avons encore de la difficulté à transformer notre potentiel en réalité gagnante. Il nous faudra lever ces obstacles pour générer un environnement des affaires sain et attractif, accélérateur du progrès, par un arrimage adéquat aux dynamiques globales. Il est de la responsabilité de la puissance publique d’y veiller. Je vais m’y employer fermement. »

Retrouvez cet article en intégralité dans CAPECO Africa N° 11