Eclairage éco

Bancarisation des exclus : la « fintech » à la manœuvre

Elle facilite et améliore les transactions financières et commerciales, les rend accessibles au grand public. Portée non pas par les établissements financiers mais plutôt par des entreprises du secteur des nouvelles technologies, la fintech avance à grands pas sur le continent africain.

Par Adamou Petouonchi - © Shutterstock - Zapp2Photo

Partout dans le monde, de nombreux acteurs exploitent la capacité des nouvelles technologies pour revisiter et densifier l’offre de produits et services financiers, de façon à créer des services inédits pour accompagner l’innovation et la digitalisation du monde de la finance. L’Afrique n’est pas en reste. Le continent se positionne comme un laboratoire fertile pour la fintech. Plusieurs opportunités y prospèrent afin de satisfaire une clientèle plus large, qu’il s’agisse de mobile banking, crowdfunding, prêts à des particuliers en ligne, financements participatifs, paiements de transactions commerciales… D’après la Banque mondiale, le développement par exemple du mobile banking est plus rapide en Afrique que dans le reste du monde. Pour le président de cette institution, l’Afrique doit miser sur la fintech et sur le numérique pour accroître l’inclusion financière et booster le taux de population bancarisée.
De fait, le continent a trouvé la recette pour intégrer les exclus du système bancaire traditionnel. Longtemps considéré comme le moins bancarisé, il tend la main à la fintech pour sortir la tête de l’eau. Et ça marche ! Grâce à la fintech, plusieurs plateformes de solutions financières digitalisées voient le jour (cf. encadré). Il s’agit d’applications qui facilitent et assurent des paiements mobiles, pour envoyer et recevoir de l’argent – au niveau national comme international –, payer ses factures d’électricité, d’eau, ses abonnements TV, ses tickets de train, acheter des crédits téléphoniques... institution, l’Afrique doit miser sur la fintech et sur le numérique pour accroître l’inclusion financière et booster le taux de population bancarisée.
Dans ce schéma nouveau, le mobile banking pointe en tête. Il représente aujourd’hui la plateforme la plus développée et aboutie en matière d’inclusion financière en Afrique, et se positionne comme une porte d’entrée vers une grande variété de services pour ses utilisateurs. Son mode opératoire ? Il suffit d’avoir un téléphone portable et d’ouvrir un compte mobile money auprès de l’opérateur. Encore mieux : une entreprise de télécommunications, en s’appuyant sur son propre réseau et ses propres infrastructures, va proposer à ses clients des services de paiement et de transfert d’argent par téléphone portable sans passer par un compte en banque. institution, l’Afrique doit miser sur la fintech et sur le numérique pour accroître l’inclusion financière et booster le taux de population bancarisée.
À côté de ce service mobile money, le marché de la fintech sur le continent prend le chemin de l’économie numérique et se caractérise par de nombreuses applications pour smartphone et sites web spécialisés dans les solutions financières. Bien évidemment, la non-couverture des zones rurales et périurbaines par les agences de banques permet de conclure à l’importance de la fintech dans l’inclusion financière.

Décrocher le bingo

Selon la nouvelle base de données Global Findex, le taux de bancarisation est particulièrement bas en Afrique – 10 % à peine. La pénétration bancaire dans son ensemble est faible. La fintech constitue donc une stratégie pertinente. Les technologies fintech challengent les banques et jouent un rôle positif dans l’inclusion financière. Les chiffres sont particulièrement éloquents à ce propos. En effet, un quart de la population mondiale, soit presque 2 milliards d’individus, n’utilise pas de services bancaires classiques, et 50 % des Africains adultes ne sont pas bancarisés. institution, l’Afrique doit miser sur la fintech et sur le numérique pour accroître l’inclusion financière et booster le taux de population bancarisée.
Or, 320 millions de smartphone ont été vendus sur le continent depuis le début des années 2000. À cette allure, ce sont plus de 600 millions qui seront en circulation d’ici 2025. D’ores et déjà, plus de la moitié des jeunes n’ayant pas encore la majorité bancaire ont un smartphone et près des deux tiers ont un compte mobile money. On assiste à une explosion des services digitaux et dématérialisés. Conséquence : les professionnels de la banque s’orientent vers le tout-numérique. Concurrence oblige, l’opérateur de téléphonie mobile Orange a planifié l’arrivée prochaine d’Orange Bank sur l’écosystème du marché bancaire.

Un nouveau système économique se met en place

Quid de l’Afrique centrale ? Depuis quelque temps, un système économique dédié aux startups dites « fintech » a éclos. Cette poussée arrive certes avec un peu de retard par rapport à d’autres pays, comme l’Afrique du Sud, le Kenya, le Nigéria, la Tanzanie ou le Maroc, mais l’effet attendu n’en sera pas moins important. Il est vrai aussi que les noms de ces startups restent encore assez peu connus du grand public, mais ce n’est qu’une question de temps, nous assure André Dupont, directeur des stratégies numériques et de la veille sectorielle à Strategy, première agence de communication financière et corporate en Afrique centrale. L’intelligence numérique et technologique est un puissant réservoir qui crée des possibilités et des facilités permettant d’intégrer les exclus du système bancaire.

Retrouvez cet article en intégralité dans CAPECO Africa N° 13