Edito

Africa green

Dimitri Friedman - © Shutterstock - mypokcik

Parmi les pistes envisagées pour accélérer le développement en Afrique figurent, parmi les plus prometteuses, les énergies renouvelables et le green business. Que l’écologie et l’économie célèbrent leurs noces sur le continent est loin d’être une idée gadget. L’écoentrepreneuriat, en plein essor, s’y prête et est en effet une de ces niches d’investissements dont regorgent les pays de la Cedeao. Que l’on songe au background économique – +6 % de taux de croissance par exemple au Sénégal – et aux potentialités – richesses minières, et 60 % de terres arables –, et l’on a le tableau des conditions de l’essor des investissements dans ces secteurs qui touchent toutes les activités humaines, de l’éducation et la formation à la gestion des eaux, l’aménagement du territoire, la gestion des déchets, des forêts, les agrocarburants, en passant par le développement durable à haute intensité de main-d’œuvre, l’agriculture biologique et le solaire, l’éolien ou la biomasse. Le Président Macky Sall l’a bien compris, lui qui a inauguré il y a un an la centrale photovoltaïque de Santhiou Mékhé. Son ambition est d’atteindre avec l’expansion de ce secteur 20 % du mix énergétique du pays. C’est pourquoi ce numéro de CAP ÉCO Africa fait la part belle au virage Africa green. L’autre secteur sur lequel le Président Macky Sall mise pour booster la croissance du Sénégal est celui des mines. Dans un dossier spécial, ce magazine inventorie les voies qui s’ouvrent au pays de la Teranga après les récentes découvertes minières. Un fait à lui seul suffit à expliquer l’intérêt que porte l’État sénégalais à cet ensemble d’industries : le secteur est devenu le premier contributeur du Trésor public, loin devant les hydrocarbures, et les experts estiment que le sous-sol est encore largement inexploité. Or, fer, zircons et bientôt phosphates devraient porter le Sénégal au top 3 des producteurs africains. Avec des conséquences remarquables sur les populations locales puisque le nouveau Code minier attribue 0,5 % des chiffres d’affaires des sociétés minières aux habitants et 20 % des recettes de l’État issues du secteur aux collectivités locales. Cette conjoncture favorable, entérinée par le maintien de la note souveraine du pays par l’agence Standard & Poor’s, explique pourquoi tous les feux sont au vert pour que le Président Macky Sall réussisse son pari du décollage.