Paroles et Portraits

Macky Sall, un parcours exemplaire

En poste depuis mars 2012, le 4e Président du Sénégal s’est fait un nom sur la scène politique sénégalaise par son parcours et ses principes. Macky Sall s’est, depuis sa prise de fonctions, assigné comme objectif d’arrimer le pays sur la voie de l’émergence. Portrait.

Par Oumar Baldé - © AFP- SERGE GUNEEV

Sans tambour ni trompette, mais avec ténacité et efficacité, le Sénégal est en train de marcher vers son émergence. À l’image du tempérament de son Président, Macky Sall, dont le calme cache un attachement à des principes et de grandes ambitions d’homme d’État. Un caractère et des qualités qui ont été pour beaucoup dans le parcours édifiant de celui qui a vu le jour le 11 décembre 1961 à Fatick (ouest), commune dont il a d’ailleurs été le maire de 2009 à 2012.
Issu d’une famille de quatre enfants, c’est dans cette région à dominance sérère, puis dans le Fouta (peul) que le Président a passé l’essentiel de sa jeunesse avant d’entamer des études à la faculté de Dakar. Ingénieur géologue, géophysicien formé à l’Institut des sciences de la terre (IST) de Dakar, puis à l’École nationale supérieure du pétrole et des moteurs (ENSPM) de l’Institut français du pétrole (IFP) de Paris, Macky Sall a d’abord fait carrière dans l’administration sénégalaise, notamment au Département des mines et de l’énergie.
Bien qu’il ait adhéré depuis la fin des années 1980 au Parti démocratique sénégalais (PDS) et qu’il ait brillamment contribué à conduire en 2000 la campagne victorieuse de l’ancien Président Abdoulaye Wade, dont il était l’un des plus proches collaborateurs, Macky Sall ne s’est véritablement mis sur le devant de la scène politique sénégalaise qu’après le tournant des années 2000. Directeur général, de décembre 2000 à juillet 2001, de la Société des pétroles du Sénégal (Petrosen) – où il était auparavant cadre depuis plusieurs années –, et parallèlement conseiller spécial chargé des mines et de l’énergie à la Présidence, il intègre le gouvernement en mai 2001 comme Ministre des Mines, de l’Énergie et de l’Hydraulique.
De novembre 2002 à août 2003, il est promu Ministre d’État en charge des mêmes départements dans le gouvernement dirigé par Mame Madior Boye, avant d’atterrir, d’août 2003 à avril 2004, à la tête du très stratégique et sensible ministère de l’Intérieur et des Collectivités locales. Ministre d’État et porte-parole du gouvernement d’Idrissa Seck, il est parallèlement nommé vice-président du comité directeur du PDS en avril 2004, ce qui en fait le dauphin tout désigné d’Abdoulaye Wade.
Le 21 avril 2004, Macky Sall est nommé Premier ministre, un poste qu’il occupe jusqu’au 19 juin 2007, s’adjugeant ainsi le record de longévité à ce poste sous le Président alors en exercice. De quoi le propulser sous les feux des projecteurs et en faire un acteur majeur de la politique sénégalaise. Macky Sall ne perd pas de temps pour prendre ses marques. Très vite, il montre sa maîtrise des grands dossiers et des débats politiques, et entame les premières réalisations en matière d’infrastructures et de lutte contre la pauvreté. C’est sous son magistère à la Primature que plusieurs projets, jusqu’alors mis en sommeil, sont relancés, notamment la nouvelle autoroute ou le nouvel aéroport de Dakar.

La rupture

Après avoir dirigé la campagne ayant conduit à la réélection du Président Wade en 2007, Macky Sall est élu le 20 juin 2007 au perchoir de l’Assemblée nationale. Avec cette fulgurante ascension politique, qui, visiblement, ne correspond pas aux projets que fomentait son ancien mentor, les signes du divorce ne tardent pas à émerger.
Une crise politique et institutionnelle s’ensuit, accompagnée de certaines basses manœuvres (suppression de son poste de numéro 2 du PDS et réduction de son mandat de Président de l’Assemblée nationale de cinq à un an) face auxquelles Macky Sall fait preuve d’une intransigeance sans failles sur ses principes. Poussé vers la sortie par le Parti qu’il a contribué à faire accéder au pouvoir, il en démissionne le 9 novembre 2008, et le 1er décembre, il crée, avec une trentaine d’ex-cadres du PDS, le parti politique Alliance pour la République (APR-Yaakaar).

Nouveau départ

Dès ses premiers faits d’armes, moins d’un an après sa création, l’APR s’impose lors des élections locales du 22 mars 2009 comme une nouvelle force politique avec laquelle il faudra désormais compter. Raflant toutes les communes de Fatick, devenue le fief de Macky Sall, et une quinzaine d’autres villes, la coalition Bennoo Siggil Sénégal, formée avec plusieurs autres partis, inflige une retentissante défaite au groupement au pouvoir en prenant le contrôle de toutes les grandes villes du pays. Candidat de la coalition « Macky 2012 » lors de l’élection de 2012, Macky Sall arrive en 2e position au premier tour, avec 26,58 % des voix contre 34,81 % pour le Président sortant. Au second tour, il remporte haut la main la majorité des suffrages.

Des ambitions aux actions

Dès sa prise de fonctions, Macky Sall se met en devoir de concrétiser son programme, synthétisé dans son slogan de campagne : « La voie d’un autre développement. » C’est ainsi que, fidèle à sa promesse de réduire le train de vie de l’État, il revient sur certains privilèges ministériels, supprime une soixantaine de commissions et directions jugées budgétivores, et lance des audits sur la gestion de son prédécesseur. La lutte contre l’enrichissement illicite et la corruption est aussitôt déclenchée, ce qui lui vaut une citation dans le rapport 2018 d’Amnesty International où le Sénégal est présenté comme l’un des pays ayant enregistré les meilleurs résultats en la matière, grâce au leadership du Président.
Parallèlement, et afin de réduire le coût de la vie, le gouvernement baisse les prix de l’huile, du riz et du sucre ; les pensions de retraite sont revalorisées et les paysans subventionnés en urgence face à la menace qui pèse sur eux. Des mesures d’urgence sont en outre prises dès les premières années de mandat dans les domaines de l’éducation et de la santé. Puis vient le Plan Sénégal émergent (PSE), fruit de la vision présidentielle. Cette stratégie de développement permet aujourd’hui à l’économie sénégalaise d’atteindre un rythme de croissance consolidé moyen de 6 à 7 % et de figurer parmi les champions africains de l’émergence économique.