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Le secteur minier : terrain prometteur pour le Sénégal

Le secteur minier est le premier contributeur du Trésor public au Sénégal, loin devant les hydrocarbures. Il se porte bien grâce au nouveau Code minier promulgué le 8 novembre 2016 par Macky Sall, le Président de la République. Ce qui profite aux Sénégalais.

Par Flore Thumm - © AFP- 2018 ANADOLU AGENCY

L’exploitation minière n’est pas une nouveauté au Sénégal. Dès les années 1950, grâce à la Compagnie sénégalaise des phosphates de Taïba, le phosphate commence à y être exploité. Les gisements de fer y sont quant à eux valorisés depuis 1975 grâce à la Société des mines de fer du Sénégal oriental (Miferso), qui s’occupe du développement du site de la Falémé, l’un des plus importants du pays. Si le secteur minier national a longtemps été limité aux phosphates, calcaires industriels et attapulgite, il s’est largement diversifié, et ce surtout depuis l’instauration du Code minier de 2003.
Mais le sous-sol reste toujours assez largement inexploité, alors qu’il est amené à jouer un rôle de plus en plus important dans l’économie nationale. Ainsi, le Plan Sénégal émergent (PSE), cadre de référence des politiques mises en place par Macky Sall et visant à l’émergence du pays à l’horizon 2035, édicte notamment des mesures relatives à l’industrie minière. Il préconise par exemple de mettre en valeur les ressources aurifères, les gisements de fer et de zircon. Il prévoit aussi de développer la filière phosphates et de porter le Sénégal au top 3 des producteurs africains dans ce domaine.

Valorisation des ressources nationales

Adopté dans un contexte de compétition entre pays émergents, le nouveau Code minier a permis le lancement de la production de nouvelles mines d’or, de phosphate ou de zircon, dans la lignée du PSE.
S’agissant des projets miniers, dix ans après le démarrage de l’exploitation de Sabodala à Kédougou, le Sénégal a enregistré l’extraction industrielle de la mine d’or de Mako, dans la même région. Celle-ci est entrée en production en mars 2018. Elle a été octroyée par l’État à la société britannique Toro Gold, qui doit finaliser l’opération d’emprunt, d’un montant de 100 millions de dollars.
Cette dynamique de valorisation des richesses nationales sera maintenue avec le développement d’au moins trois autres mines dans la région de Kédougou. L’embellie du secteur est également illustrée par l’exploitation de phosphates à Diourbel, ainsi que le démarrage de l’exploitation des gisements de phosphates de Pire, dans la région de Thiès, et de Kébémer, dans la région de Louga.
Les efforts de l’État sont particulièrement orientés vers la promotion du patrimoine minier national. Le souci de valoriser les gisements de fer de la Falémé l’a conduit à imaginer l’implantation d’un complexe moderne. C’est l’un des 27 projets phares du PSE mis en place par le Président de la République en 2012. Un train moderne entre Dakar et Bamako devrait d’ailleurs être construit, ce qui facilitera, entre autres, le transport des ressources minières.

Des bénéfices pour les Sénégalais

Pour reconnaître un droit aux populations sur les ressources nationales, Macky Sall place à un niveau très élevé les notions de bonne gouvernance, de transparence et de développement des industries extractives, comme il l’a promis lors de sa campagne électorale. Ceci permet aujourd’hui au Sénégal d’être classé 1er pays africain membre de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE), et d’obtenir l’appréciation « progrès satisfaisants », la plus élevée dans le système de notation. Ce résultat est d’autant plus méritoire que les Sénégalais avaient auparavant une connaissance limitée du secteur. Par exemple, selon une étude sur l’industrie minière réalisée par AfroBaromètre en 2014, 37 % d’entre eux ne savaient pas si le secteur minier offrait ou non des avantages pour le développement socioéconomique du pays, et 12 % ont répondu qu’il lui nuisait.
Le gouvernement a également comme forte préoccupation d’associer les populations à la gestion des ressources minérales. Ceci est particulièrement vrai quand il s’agit de l’encadrement des exploitations minières artisanales, comme l’orpaillage à Kédougou. Ainsi, William Manel, gouverneur de la région, a satisfait les souhaits des locaux qui avaient interpellé les autorités à plusieurs reprises. Il a en effet affirmé le 23 avril, à l’Auberge Thomas Sankara, que les autorités administratives allaient travailler pour qu’il y ait plus de sécurité dans le secteur de l’orpaillage.
C’est dans ce même état d’esprit qu’a été introduite la disposition du nouveau Code minier attribuant 0,5 % des chiffres d’affaires des sociétés minières aux populations, ainsi que l’affectation de 20 % aux collectivités territoriales. Cet appui de l’État aux communes a permis sur les dix dernières années de dégager une enveloppe d’au moins 10 milliards de francs CFA, à répartir sur l’ensemble des collectivités locales.
La prise en charge des intérêts stratégiques de l’État au travers du fonds d’appui au secteur minier alimenté par les 20 % de recettes devrait permettre d’améliorer la connaissance du sous-sol sénégalais, ainsi que de bâtir des infrastructures géologiques et minières. Celles-ci sont en effet des outils indispensables pour glaner une kyrielle d’investissements dans le secteur.