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Rapport : la Coface tire la sonnette d’alarme

Le dernier rapport de la Coface sur le commerce extérieur de la France en Afrique subsaharienne n’est pas très optimiste. Pire, l’Hexagone a perdu son statut de premier fournisseur européen de l’Afrique, dépassé par l’Allemagne.

Par Dimitri Friedman - © Shutterstock - Bluemoon 1981

Le 20 juin 2018, la Coface (assureur du commerce extérieur en France) a publié un rapport de 16 pages, légèrement alarmiste sur « la dégringolade » des parts de marché de la France en Afrique subsaharienne. Chute qui profite en premier lieu à la Chine, l’Inde, la Turquie, mais aussi à des pays européens tels que l’Allemagne ou l’Espagne. Qu’on en juge : les parts de marché de la France sont passées de 11 % en 2003 à 5 % en 2017, soit une baisse de plus de moitié, même si les exportations en valeur et en volume ont augmenté. Ce n’est pas une bonne nouvelle. De son côté, Pékin est passé de 3 % en 2001 à 18 % en 2017.
Selon le rapport, l’ampleur de la chute oblige à se poser des questions car tous les secteurs sont concernés : équipements, automobiles ou encore produits pharmaceutiques – ces derniers étant passés dans les mains de l’Inde. Des pistes pour enrayer la baisse de l’influence économique française ? La Coface n’en voit pas beaucoup dans l’ancien pré carré de la France en Afrique subsaharienne et suggère de compenser ce recul en se tournant vers les zones non francophones du continent, comme l’Afrique de l’Est et australe.

Sortir de cette situation

Face à ces chiffres inexorables, le Président Macron a élaboré une stratégie de rapprochement avec les pays anglophones africains. Les exemples sont multiples. La première visite du Président libérien Georges Weah fin février 2018 a été pour Paris. Plus récemment, lors de sa visite début juillet au Nigéria, plus grand pays anglophone d’Afrique, le Président Macron a promis de débloquer des fonds (75 millions de dollars) pour différents projets de gestion de l’eau dans la ville de Kano. À cela s’ajoute une enveloppe de 200 millions de dollars pour un projet de transport urbain à Lagos, l’ex-capitale. Les pays francophones ne sont pas non plus oubliés dans cette stratégie tous azimuts pour restaurer la position française sur le continent. Exemple : lors de sa visite au Sénégal en février dernier, le Président Macron a multiplié les gestes financiers en direction de l’éducation et de la lutte contre la montée des eaux à Saint-Louis du Sénégal. Le moment choisi par le Président n’est pas fortuit. L’Afrique est désormais traversée par une espèce de fièvre entrepreneuriale – au moins aussi importante que le phénomène migratoire – où les entreprises françaises, grandes ou petites, ont leur rôle à jouer. Il n’y a pas que les projets pharaoniques, comme la plateforme pétrolière Egina sur le site d’Akpo, du géant Total, au large du Nigéria dans le golfe de Guinée, qui mobilise les énergies locales. De nombreuses start-up officient dans le high-tech ou les télécoms, comme en atteste le dernier salon Viva Tech (mai 2018), où une centaine de jeunes entreprises africaines étaient mises à l’honneur.