Feuilles de route

Sénégal : Cap sur les territoires

Sous l’impulsion du Président Macky Sall, le gouvernement a mis en place une nouvelle politique en matière de développement territorial. À coups d’investissements massifs dans les infrastructures et les services sociaux de base, les différentes régions sont mises à niveau et érigées en pôles de croissance.

Par Oumar Baldé - © DR

Un « Sénégal émergent », certes, mais un « Sénégal de tous et pour tous » ! C’est l’ambition du Président Macky Sall qu’il exprime en annonçant vouloir « organiser le Sénégal en territoires compétitifs et porteurs de développement ». Il est conscient du fait qu’il ne saurait y avoir d’émergence sans une croissance soutenue, durable et surtout inclusive. Le Plan Sénégal émergent (PSE) accorde donc un intérêt particulier à la problématique du développement territorial au travers de stratégies sectorielles, notamment celles orientées vers le développement économique, l’atténuation des inégalités sociales ou la réduction des déséquilibres territoriaux. Cette nouvelle politique a ainsi été élaborée en tenant compte des spécificités de chaque région, de leurs potentialités et de leurs atouts.

Désenclavement et connectivité

Le Président a fait de la Casamance, dans le sud, où il se rend régulièrement afin d’accélérer la mise en œuvre des chantiers phares, un cadre d’expérimentation qui a fait des émules dans les autres régions du pays. C’est le cas notamment dans le domaine des infrastructures de transport pour désenclaver les zones les plus reculées et connecter les pôles de croissance. Un vaste programme de réalisations de liaisons routières a ainsi été lancé par le Chef de l’État. Entre 2012 et 2017, plus de 2 500 km de pistes rurales, 1 362 km de routes, 52km d’autoroutes et 13 nouveaux ponts ont été réalisés, pour près de 1 300 milliards de francs CFA. Parallèlement, Macky Sall a annoncé le développement des aéroports régionaux de Saint-Louis, Ziguinchor, Tambacounda, Matam et Kédougou, lesquels seront complètement réhabilités dans le cadre d’un programme qui sera exécuté sur une durée de quatre ans, à partir de 2018, pour un coût de près de 100 milliards de francs CFA.

Inclusion et compétitivité

Des chantiers ont été lancés tous azimuts dans divers secteurs au travers de trois programmes d’inclusion sociale, conçus pour assurer à la population des conditions de vie décentes, éliminer les disparités spatiales et garantir une égalité de chances. Il s’agit du Programme d’urgence de développement communautaire (PUDC), du Programme de modernisation des villes (Promovilles) et du Programme d’urgence de modernisation des axes et territoires frontaliers (PUMA).
Avec le PUDC, c’est près de 1 000 km de pistes qui sont en voie d’être finalisées, dont la moitié est déjà achevée, ce qui a permis le désenclavement de 552 villages, impactant directement la vie de 380 000 personnes. À cela s’ajoute la construction de 229 forages (déjà fonctionnels), 91 châteaux d’eau sur les 153 prévus, ainsi que 104 systèmes d’adduction d’eau, qui ont permis à 499 villages d’avoir accès à l’eau potable, soit 200 000 personnes, réparties dans toutes les régions.
Le PUDC concerne également l’électrification en cours de 466 villages, et l’installation de 34 centrales photovoltaïques pour une puissance totale de 730 kVA, avec à la clé 526 emplois générés. Par ailleurs, sur les 5 079 équipements post-récoltes prévus, 3 401 ont déjà été livrés aux femmes organisées en comités de gestion dans 2 500 villages, permettant la création de 1 200 emplois durables. Ce volet devrait être bientôt renforcé avec l’acquisition de 1 000 nouvelles unités de transformation post-récoltes.
Pour sa première phase, le PUDC a nécessité une enveloppe de 120 milliards de francs CFA entièrement financés par l’État du Sénégal. Dans le cadre d’une nouvelle phase, qui démarrera prochainement, il sera consolidé pour un financement additionnel de 300 milliards de francs CFA, dont 112 milliards provenant des partenaires techniques et financiers.

Cadre de vie

Le Promovilles, qui est réalisé en synergie avec le PUDC, doit de son côté contribuer à une amélioration durable du cadre de vie en milieu urbain. Selon le Premier ministre Mahammad Boun Abdallah Dionne, la phase pilote a démarré avec un programme d’investissements de 74 milliards de francs CFA, pour la réalisation dans 13 villes de 103 km de voiries, y compris le drainage des eaux pluviales, l’éclairage public et les aménagements paysagers. Ces réalisations se poursuivent avec la première phase du Programme, d’un montant de 89 milliards de francs CFA, qui a démarré fin 2017, à Dakar et dans dix autres capitales régionales. Selon la feuille de route du Premier ministre, la deuxième phase de Promovilles, pour laquelle sont prévus 84 milliards de francs CFA, démarre cette année, avec comme objectifs la réalisation de 63 km de linéaire de voiries assainies et éclairées ainsi que des aménagements paysagers dans la région de Dakar. Elle prendra aussi en compte le reprofilage et la couverture du canal Ouest de Rufisque, l’aménagement des bassins versants de Yeumbeul et Malika (banlieue de Dakar), et la construction d’une digue-route à Matam (nord-est du pays).

Axes frontaliers

En synergie avec ces deux Programmes destinés à la résorption des disparités territoriales, le PUMA est quant à lui spécifiquement dédié à la modernisation des axes et territoires frontaliers et à l’amélioration des conditions de vie des populations de ces zones. Il intervient dans dix régions du pays avec pour objectifs les désenclavements routier, fluvial, maritime, téléphonique et numérique des zones et populations frontalières, mais également le développement durable desdites zones par la réalisation d’infrastructures sécuritaires, d’équipements sociaux de base et d’activités génératrices de revenus.