Paroles et Portraits

Jean-Marie Ackah, captiaine d'industrie en Côte d’Ivoire

Poids lourd de l’agro-industrie ivoirienne, Jean-Marie Ackah est président de la Confédération générale des entreprises de Côte d’Ivoire (CGECI) depuis le 25 novembre 2016.

Par Pius Moulolo - © ISSAM ZEJLI - TRUTHBIRD MEDIAS

« Comme j’aime à le dire, je ne suis pas le patron des patrons, mais plutôt le porte-parole des patrons », déclare celui qui a fait de l’entreprise son parti politique et de la création de richesses et d’emplois son ambition. À 63 ans, Jean-Marie Ackah fait partie depuis une quarantaine d’années des champions nationaux de l’agro-industrie ivoirienne. Recruté en 1978 comme haut cadre à la Palmindustrie, il intègre la Société ivoirienne de productions animales (Sipra) en 1980. Entre 1993 et 2016, il occupe respectivement les fonctions d’administrateur-directeur général, président-directeur général puis président du conseil d’administration du groupe agro-industriel. En 2017, il créé Les Moulins de Côte d’Ivoire (LMCI), deuxième minoterie du pays après les Grands Moulins d’Abidjan (GMA).
Jean-Marie Ackah a par ailleurs été président du conseil d’administration de la Banque internationale pour le commerce et l’industrie de Côte d’Ivoire (Bicici), filiale de BNP Paribas. Le magnat de l’agro-industrie est président de la Fédération des organisations patronales d’Afrique de l’Ouest (Fopao) depuis le 27 octobre 2017. Rien de surprenant au fait qu’il chapeaute la plus importante organisation socioprofessionnelle de la zone Uemoa.

Les bons points du patronat ivoirien

En juillet 2017, Jean-Marie Ackah a conduit une délégation d’une cinquantaine de chefs d’entreprise en Guinée, dans le cadre d’une mission économique et commerciale de la CGECI. Cette innovation majeure consiste à faire jouer au secteur privé son rôle de moteur de croissance de l’économie ivoirienne. « Il s’agit spécifiquement de la mise en œuvre du Programme des champions nationaux ; de la poursuite des réformes pour l’amélioration de l’environnement des affaires ; de la révision du Code des investissements ; et de l’amélioration de la compétitivité des entreprises afin de leur permettre de conquérir des marchés aux plans national, régional, voire africain », indiquait-il à l’occasion du Nouvel An 2018.
Dans sa mission de promotion de l’entrepreneuriat jeune, la CGECI organise des évènements annuels majeurs tels que la CGECI Academy, le Business Plan Competition, le Prodije et l’African Digital Week. Dans un souci de renforcement des capacités de ses différents membres, elle a notamment noué des partenariats stratégiques avec des instituts de renommée internationale tels que Sciences Po Executive, HEC Paris ou le cabinet d’intelligence économique Oxford Business Group (OBG). Créée en 2005 à la suite de la restructuration du Conseil national du patronat ivoirien (CNPI), la CGECI fédère plus de 2 000 entreprises membres, représentant près de 14 000 milliards de FCFA de chiffre d’affaires, 200 000 emplois, et contribuant à plus de 80 % des recettes de l’État.

Champion national

Figure emblématique du patronat ivoirien, Jean-Marie Ackah a positionné la Sipra comme leader de la filière avicole moderne en Afrique de l’Ouest. Le groupe opère au travers de ses trois principales filiales que sont Ivoire Poussins, Coqivoire et Ivograin. Le Complexe avicole de l’Agnéby s’impose en effet, avec ses 20 ha et ses équipements de pointe, comme la plus grande ferme de poules pondeuses de la sous-région. Les usines Ivograin sont, par la qualité de leur technologie, les seules usines certifiées ISO 9001:2008 de toute l’Afrique de l’Ouest. Créée en 1976 avec un chiffre d’affaires annuel d’environ 70 milliards de FCFA, la structure dirigée par Sylvain Gotta emploie près de 1 200 personnes. À partir de 2008, la Sipra se diversifie avec la création des Moulins de Côte d’Ivoire. La Société africaine de restauration (Sares) voit le jour en 2014. Grâce au partenariat avec le groupe Total, elle développe une chaîne de chicken fast-food commercialisée sous la marque Tweat. En 2015, la Sipra marque un tournant historique en créant sa première filiale étrangère au Burkina Faso, la Société burkinabè de productions animales (Sobupra). De même que Thierry Tanoh et Jean-Louis Billon du groupe Sifca, Jean-Marie Ackah fait partie de ces rares bâtisseurs du miracle ivoirien après la crise post-électorale de 2011.

Retrouvez cet article en intégralité dans CAPECO Africa N° 14