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La carte des concessions

Le pays de la Teranga s’emballe avec la découverte de gisements de pétrole et de gaz, et vise à entrer dans le top 10 des producteurs du continent. De fait, il est probable que ses gisements soient les plus importants qu’on découvrira jamais au Sénégal. Repères géoéconomiques.

Par Dimitri Friedman - © DR

Par qui se fait l’exploitation ?

L’État du Sénégal oblige chaque entreprise étrangère qui s’installe sur son territoire dans le but de rechercher des hydrocarbures à s’associer avec la Société nationale des pétroles du Sénégal (Petrosen) en créant une filiale de droit sénégalais. Cette filiale locale et mixte peut accueillir d’autres partenaires technico-financiers, c’est-à-dire d’autres compagnies pétrolières.

Comment se répartissent les concessions ?

Elles sont réparties sous forme de blocs, aussi bien en offshore qu’en onshore. Neuf blocs sont sous contrat avec les compagnies Cairn Energy et FAR Limited (Rufisque Offshore, Sangomar Offshore et Sangomar Offshore Profond), Woodside Energy avec Cairn Energy (Sangomar Offshore), BP et Kosmos Energy (Saint-Louis Offshore Profond et Cayar Offshore Profond), Total (permis de Rufisque Offshore Profond) et Oranto Petroleum (Saint-Louis Offshore et Cayar Offshore).

Petrosen pourra monter en puissance

Petrosen, qui dispose pour l’instant de 10 % sans apport financier (carried interest), pourra cependant faire monter sa participation dans les joint-ventures jusqu’à 20 % au moment de la mise en exploitation, c’est-à-dire de la production des premiers barils en 2021-2022. D’ici là, toutes les études et dépenses de développement en vue de préparer l’exploitation sont à la charge des autres partenaires. Le développement pour un gisement offshore peut facilement coûter 4 à 6 milliards de dollars, soit autant que le budget actuel de l’État du Sénégal. Si la production démarre en 2021, Petrosen pourra toucher 20 % des bénéfices annuels liés à l’exploitation pétrolière tout en ayant cette fois-ci l’obligation de participer aux dépenses d’exploitation au même titre que ses autres partenaires au sein de la joint-venture.

Et l’État ?

.L’État du Sénégal touchera également une partie de la production (10 à 15 %), cette quantité étant définie par le contrat qui le lie à la joint-venture. Ce contrat, qualifié de « contrat partage de production », fixe d’abord le remboursement des dépenses engagées durant l’exploration et le développement (ces dépenses sont appelées cost oil), et permet ensuite à l’État de prélever son pourcentage sur la production restante, que l’on appelle profit oil

Retrouvez cet article en intégralité dans CAPECO Africa N° 14