Paroles et Portraits

Ferdinand Ngoh Ngoh, Ministre d’État, Secrétaire général de la Présidence du Cameroun

La nomination le 4 janvier 2019 de Ferdinand Ngoh Ngoh au poste de Secrétaire général de la Présidence de la République du Cameroun, avec rang de Ministre d’État, est une consécration.

Par Adamou Petouonchi - © DR

Le Secrétaire général de la Présidence de la République est un maillon central du pouvoir de Yaoundé. Il y a d’abord des évidences : les textes qui organisent le gouvernement font de lui l’assistant officiel du Président de la République dans l’accomplissement de sa mission, et l’interface incontournable entre celui-ci et le gouvernement. Samuel Eboua, de regrettée mémoire, avait vu juste lorsqu’il déclarait au sujet de cette fonction qu’il s’agit d’un boulot «accablant qui ne laisse pas le temps de souffler». Et qu’il faut donc de solides épaules pour endosser le costume. Exemple ? C’est Ferdinand Ngoh Ngoh qui reçoit du Président toutes les directives relatives à la définition de la politique de la nation. C’est encore à lui de suivre l’exécution des décisions prises par le Chef de l’État. C’est toujours à sa charge et sous sa responsabilité que s’instruisent les dossiers que lui confie le Président de la République, et dont il veille à l’exécution. Il est donc au centre de l’animation administrative et institutionnelle de la nation. D’ailleurs, le Secrétaire général est la seule personnalité qui, dans l’exercice de ses attributions, reçoit une délégation de la signature du Président. Bref, il est médiatiquement exposé.
Dans la pratique de tous les jours, on le présente souvent comme la voix qui murmure à l’oreille du Chef de l’État. Une certaine opinion très répandue le voit comme un « Vice-Président ». La position de Ferdinand Ngoh Ngoh est hors norme. Songez que son élévation au rang de Ministre d’État doit être mise en perspective à l’aune d’un record : celui de sa longévité à ce prestigieux poste, soit presque huit ans déjà.

Une expérience internationale

Pour certains, cette confiance accordée par le Président est à mettre notamment sur le compte de la proximité entre cet homme de 58 ans, originaire de Minta dans la Haute-Sanaga, et la Première dame du Cameroun Chantal Biya. D’autres y voient le résultat d’une loyauté sans faille à l’endroit du Chef de l’État, ainsi que les dividendes de son mérite professionnel. Les deux explications ont en commun le mérite de souligner la haute confiance du couple présidentiel à l’égard du nouveau Ministre d’État.
Homme réputé discret, ce diplomate chevronné écoute et agit plus qu’il ne parle. Diplômé de l’Institut des relations internationales du Cameroun, où il a obtenu un doctorat de 3e cycle sur le droit africain de l’intégration financière et commerciale, Ferdinand Ngoh Ngoh a débuté sa carrière au ministère des Affaires étrangères. Il a ensuite été détaché au cabinet civil de la Présidence de la République où il a exercé pendant un an, de 1997 à 1998, avant de s’envoler pour les Nations unies, plus précisément à la Mission permanente du Cameroun auprès de l’ONU. Il y a occupé de 2002 à 2006 le poste de premier conseiller. Son séjour à New York a pris fin avec sa nomination en 2010 en tant que Secrétaire général du ministère des Relations extérieures, avant qu’il n’accède un an plus tard au rang de Ministre d’État, en tant que Secrétaire général de la Présidence de la République, devenant ainsi le plus proche collaborateur du Chef de l’État.
La dynamique des « grandes réalisations » est lancée et une nouvelle équipe gouvernementale s’est mise en place pour accompagner et implémenter la vision du Président. Les regards sont tournés vers celui qui occupe désormais ce fauteuil particulièrement délicat de Secrétaire général de la Présidence de la République. Personne ne pouvait parier que, huit ans après, ce poste très sensible serait toujours occupé par Ferdinand Ngoh Ngoh, fidèle d’entre les fidèles.

Retrouvez cet article en intégralité dans CAPECO Africa N° 15