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Ali Bongo Ondimba, Président la République gabonaise

Le Président Ali Bongo Ondimba est depuis plus de cinq ans à la tête du Gabon. Alors qu’il entame le dernier quart de son mandat, la ligne directrice qu’il a tracée pour son pays se dégage nettement.

PAR MARIE FOREST - Photo: AFP - Célia Lebur

Incontestablement, il y a un style Ali Bongo, une manière de donner un coup de jeune à l’État, à ses pratiques et à ses institutions.

Pour preuve ? « J’annonce, au nom des enfants d’Omar Bongo Ondimba, que nous avons décidé de céder à l’État, à titre gracieux, la propriété située près du camp de Gaulle, sur la voie express, dans le Ier arrondissement de Libreville », a-t-il annoncé en août dernier, au moment de la fête nationale (55e anniversaire de l’Indépendance). « Elle sera destinée à créer une université au profit de la jeunesse gabonaise. De même, nous avons décidé de céder à l’État pour le franc symbolique deux propriétés en France ayant appartenu à Omar Bongo Ondimba. Il s’agit de deux hôtels particuliers situés rue de la Baume dans le VIIIe arrondissement pour l’un, et rue Edmond-Valentin dans le VIIe arrondissement de Paris pour l’autre. Ces biens immobiliers, qui feront désormais partie du patrimoine de l’État gabonais, seront affectés à un usage diplomatique et culturel. » De fait, la cession à l’État gabonais d’une partie de l’héritage laissé par l’ancien Président Omar Bongo commence à être actée. Le président Ali Bongo, l’un des 53 héritiers, a paraphé le 21 octobre l’acte de cession d’un certain nombre de biens immobiliers. La cérémonie de signature a eu lieu entre le Président gabonais, le Premier ministre, le Ministre de l’Urbanisme et du Logement et celui du Budget et des Comptes publics. Pour Ali Bongo, sa part de l’héritage de son père appartient désormais à toute la jeunesse gabonaise. Autre exemple, en visite début novembre 2015 dans le cadre du projet Graine, dans la région de la Ngounié au sud du Gabon, le Président Bongo est allé au-devant d’une délégation de jeunes du collège Saint-Gabriel pour s’imprégner de leurs préoccupations.

Alain-Bernard Bongo, né le 9 février 1959 à Brazzaville, a vu son identité civile évoluer au gré des décisions de son père qui se convertit à l’islam en 1973, prenant le prénom d’Omar et donnant à son fils celui d’Ali, et qui adjoindra dans les années 2000 Ondimba, le nom de son père, à son patronyme. Cet évènement fondateur aurait pu créer chez lui un mimétisme troublant. Difficile de trouver un chemin différent alors que dès le départ on a tracé pour vous votre route. C’est souvent le cas, dit-on, des « fils de »…

Alain-Bernard commence ses études à Libreville avant de les poursuivre en France, où il obtient un doctorat en droit à l’université Panthéon-Sorbonne. Très vite, il prend le chemin suivi par son père, deuxième Président du Gabon : la politique.


DE LA PRÉCOCITÉ EN POLITIQUE

Ali Bongo se lance dans la vie politique dès 1981, à l’âge de 22 ans, en adhérant au Parti démocratique gabonais (PDG) fondé en 1968 par son père. Deux ans plus tard il est élu au comité central, et intègre le bureau politique l’année suivante. De 1987 à 1989, il devient représentant, puis haut représentant du Chef de l’État.

Sa carrière ministérielle commence à 29 ans, quand il prend la tête des Affaires étrangères. Mais il est contraint de démissionner à 32 ans en raison de sa jeunesse, la nouvelle Constitution établissant l’âge minimum pour exercer cette fonction à 35 ans. Il garde cependant la charge de la députation du Haut-Ogooué, qu’il a remportée avec succès en 1990.

Retrouvez cet article en intégralité dans CAPECO Africa N° 4