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Interview de Martin Parfait Aimé Coussoud-Mavoungou

Ministre délégué auprès du Ministre d’État, Ministre des Transports, de l’Aviation civile et de la Marine marchande, chargé de la Marine marchande. « La République du Congo a, depuis le 2 novembre 1997 jusqu’à ce jour, affiché sa ferme volonté de voir son secteur maritime émerger. »

Propos recueillis par Laurent Taieb

Cap Éco Arica : Vous gérez, Monsieur le Ministre, un département ministériel stratégique dans le développement de l’économie congolaise. Quels sont vos chantiers prioritaires et vos réalisations dans le secteur de la marine marchande ?

Martin Parfait Aimé Coussoud-Mavoungou : La République du Congo a, depuis le 2 novembre 1997 jusqu’à ce jour, affiché sa ferme volonté de voir son secteur maritime émerger. Pour matérialiser cette volonté, le Président de la République, Son Excellence Denis Sassou N’Guesso, avait ajouté les mots « transports maritimes » et/ou « marine marchande » au ministère des Transports. Cela répondait aux différents défis auxquels est confronté le département dont j’ai la charge, et surtout aux missions qui lui sont assignées par le Président de la République à travers la lettre de mission du Ministre d’État, Ministre des Transports, de l’Aviation civile et de la Marine marchande, à savoir : la mise en œuvre des programmes spécifiques de la facilitation du transport par voie maritime ; la poursuite de la modernisation du port autonome de Pointe-Noire ; le renforcement des dispositifs de sécurité et de sûreté de la navigation maritime ; et, bien entendu, la formation des cadres en vue de l’émergence d’une véritable économie maritime.
Le secteur maritime constitue pour la République du Congo un atout majeur. C’est ainsi que nous avons pleinement inscrit notre stratégie dans l’adoption de la plupart des instruments internationaux maritimes de l’Organisation des Nations unies et des organes spécialisés comme l’Organisation maritime internationale (OMI), la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced), la Commission des Nations unies pour le droit commercial international (Cnucdi).

En quoi consiste la Stratégie africaine intégrée pour les mers et les océans à l’horizon 2050 (AIM 2050) ?

La stratégie AIM 2050 est une vision africaine intégrant tous les aspects du domaine maritime africain en vue du bien-être des populations africaines tout en développant ce qu’on appelle « l’économie bleue », qui favorise la création d’une plus grande richesse à partir de l’espace maritime africain, pour une Afrique intégrée, prospère et pacifique, une Afrique conduite et gérée par ses propres citoyens et représentant une force dynamique sur la scène mondiale. En quelque sorte, c’est un panafricanisme de la mer qui a été initié. La Stratégie permet, entre autres, de se faire entendre sur les questions du coût du fret maritime en provenance et à destination d’Europe.
Les objectifs de cette Stratégie se résument à : la création d’une zone exclusive maritime commune de l’Afrique ; la protection du milieu marin ; la sécurité et la sûreté maritimes ; la mise en place d’un pavillon africain ; l’amélioration et la facilitation du commerce maritime intra-africain ; le développement de la pêche, du tourisme et des loisirs marins ; le développement des ressources humaines et de la formation maritime, ainsi que l’accroissement des effectifs des gens de mer ; la protection des intérêts des chargeurs africains.

Tout récemment, vous vous êtes illustré avec le gouvernement dans l’amélioration de la sécurisation des conteneurs dans le port autonome de Pointe-Noire. Quelles sont les grandes lignes de ces travaux et leur impact sur la gestion portuaire ?

La volonté du gouvernement est d’offrir les conditions d’une bonne sécurisation des conteneurs dans le port autonome de Pointe-Noire ; d’où le lancement officiel des inspections des conteneurs le 19 mai à Pointe-Noire, au cours d’une cérémonie à laquelle a pris part la communauté maritime et portuaire, et en présence de M. Bertrand Pierre Denis Geoffray, Secrétaire général du Bureau international des conteneurs.
En atelier, les marins de l’Administration maritime ont reçu des notions supplémentaires sur le transport maritime et sur les grandes réglementations internationales en la matière. Dans une approche technique, M. le Secrétaire général du Bureau international des conteneurs a expliqué le travail qui incombe à chaque acteur concerné, notamment faire appliquer la réglementation en vigueur, telle la Convention internationale sur la sécurité des conteneurs (CSC 72) qui est la réglementation adoptée dans 120 pays par une loi ou un décret qui assure que les conteneurs utilisés dans le transport des marchandises présentent toujours, au fil du temps, les caractéristiques nécessaires pour par exemple maintenir un degré élevé de sécurité de la vie humaine lors de la manutention, du gerbage et du transport des conteneurs pleins ou vides, à terre ou en mer.

Dans le domaine de la coopération, quel type de relations bilatérales développez-vous avec les pays de la sous-région, ou sur un plan plus international ?

Notre pays œuvre dans toutes les instances au plan des intégrations régionale, continentale et mondiale : Organisation maritime de l’Afrique de l’Ouest et du centre (Omaoc), où nous assumons les fonctions de 2e vice-président – 25 pays en sont membres ; nous participons aussi activement aux activités de la Commission du golfe de Guinée (CGG) et de l’Organisation maritime internationale (OMI). Nous sommes, dans ces instances, une vraie force de proposition. Notre pays a toujours été perçu comme tête de file pour le développement du secteur maritime dans la sous-région.
La République du Congo a été choisie par l’OMI pour abriter le Centre de coordination de la Zone IV de recherche et de sauvetage maritimes. Elle organise le 25 juin de chaque année la Journée des gens de mer, le 30 septembre la Journée mondiale de la mer, et participe régulièrement à l’assemblée générale de l’OMI.
Toujours dans le cadre de la coopération, précisément en ce qui concerne la piraterie, les pays de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac) ont mis en place une structure dénommée Centre régional de la sécurité maritime de l’Afrique centrale (Cresmac), basée à Pointe-Noire, une émanation de la volonté des Chefs d’État de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC). Ce Centre a pour mission de sécuriser les plans d’eaux maritimes et les côtes.

Retrouvez cet article en intégralité dans CAPECO Africa N° 2