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Cotecna, un partenariat sain et constructif avec l’État congolais

Cotecna apparaît comme un partenaire constructif pour l’État congolais, qui bénéficie de son expertise pour la modernisation de l’administration douanière, la sécurisation des recettes, le contrôle des importations et la formation des douaniers aux techniques professionnelles. Explications avec Christophe Guyant, DG de Cotecna.

Propos recueillis par Laurent Bou Anich

CAP ÉCO Arica : Monsieur Guyant, vous êtes en contrat avec le gouvernement congolais depuis plusieurs années. Quel bilan en tirez-vous ?

Christophe Guyant : Le bilan est très satisfaisant. En tant que partenaire de la douane et de l’État dans le cadre de la sécurisation des recettes, nous avons pu créer avec la Direction générale des douanes et des droits indirects (DGDDI) un partenariat sain et constructif, qui nous a permis de mener à bien différents projets.
Chronologiquement parlant, il y a eu en 2008 la mise en place d’un champ bloquant dans le logiciel Sydonia de la douane, pour renforcer le contrôle des importations et lutter contre l’informel. En 2009, nous avons installé le premier scanner mobile du Congo pour renforcer la sécurité intérieure du pays et fluidifier les opérations de dédouanement. Ce scanner est couplé en amont à un Système informatisé d’analyse de risques (SIAR®), qui permet de vérifier rapidement l’intérieur des conteneurs sans avoir à les ouvrir.
Nous avons aussi mis en place un vaste plan de formation des douaniers. En neuf ans, nous en avons formé plus de 600 sur des thèmes tels que la valeur transactionnelle, les règles d’origine, les contentieux, les positions tarifaires... ; nous avons également formé des analystes d’images, des techniciens de maintenance, des directeurs (scanner ou management), des analystes de risques. Dernièrement, nous avons formé des douaniers sur l’application Cotecna External System (COTES), qui est la base de données Cotecna en ligne, déployée sur le serveur de la douane, et qui permet de rechercher les dossiers, de vérifier les valeurs sur tous les contrôles effectués par la société.

Vous entretenez des relations privilégiées avec les autorités congolaises ; quelle en est la nature contractuellement ?

Cotecna a signé un nouveau contrat le 24 mars 2015 portant sur un programme d’inspection physique concernant les importations, au travers de la mise en place de l’exploitation et de la maintenance de scanners supplémentaires sur les principales portes d’entrée de la République du Congo, associé au SIAR®. Les services s’étendent à la valorisation et la classification douanière, ainsi qu’à un vaste programme de formation et de transfert de savoir-faire à l’attention de la l’administration douanière.

Par rapport à votre présence et à votre développement en Afrique centrale, pouvez-vous nous parler de vos intérêts au Gabon et dans la sous-région ?

Cotecna est présent au Gabon sur un programme portant sur la fourniture, le financement, l’installation, l’exploitation et la maintenance de deux scanners mobiles à rayons X aux ports de Libreville et de Port-Gentil. Cotecna fournira et exploitera aussi le SIAR®.

Malgré l’installation du scanner, de nombreux usagers du port dénoncent encore la lenteur dans le processus du passage portuaire. Comment l’expliquez-vous ?

Ce qu’il faut comprendre, c’est qu’il y a un important nombre de sociétés et d’intervenants publics, parapublics et privés dans le circuit de passage portuaire. Le scanner n’est qu’une partie de la chaîne de dédouanement. En amont et en aval, il y a des formalités qui n’incombent pas à Cotecna.
Je ne peux pas donner d’avis sur ces intervenants. Tout ce que je peux dire, c’est que lorsqu’un importateur respecte la règlementation et qu’il passe au scanner, il est avantagé. Le scanning d’un conteneur ne prend pas plus de 5 minutes, et s’il n’y a pas de divergence constatée, l’importateur peut obtenir rapidement le bon de sortie de la douane.

Cotecna s’est impliqué dans le projet du Guichet unique des opérations transfrontalières (GUOT). Quels sont les points restant à mettre en œuvre pour obtenir un service optimal ?

Le GUOT a effectivement démarré ses activités il y a quelques mois. Son principe est de permettre à l’importateur de transmettre l’ensemble des informations à différents intervenants de la chaîne portuaire et de dédouanement. C’est donc une plate-forme Web qui, à terme, permettra d’éviter de se déplacer physiquement à différents endroits.
Actuellement le GUOT est connecté avec le Conseil congolais des chargeurs, l’Administration du commerce et Cotecna. C’est une première étape. Maintenant il faut qu’il soit plus performant et que les autres partenaires puissent s’y arrimer.
Cotecna est bien dans le GUOT et reçoit l’ensemble du flux des informations. Toutefois, des développements informatiques sont encore à intégrer pour que la société puisse automatiser le transfert de ses données directement dans le GUOT. Ce développement sera bientôt opérationnel.

Quelle est la vision de Cotecna pour renforcer les recettes et participer à la sécurisation et à la fluidification portuaires ?

La vision de Cotecna est aussi liée aux décisions prises en réunion avec la DGDDI et l’ensemble des autorités concernées par le contrôle des importations. Nous avons démarré avec la plate-forme portuaire de Pointe-Noire. Mais il va de soi qu’avec le développement des infrastructures qu’il y a eu au Congo depuis quelques années (routes et aéroports), il faudrait déployer des scanners sur d’autres portes d’entrée du pays.

Vous avez donné des formations aux agents douaniers sur l’analyse de risques et la base de données des valeurs. Qu’elle en a été l’utilité et qu’envisagez-vous dans le futur ?

L’utilité a été multiple. La formation sur l’analyse de risques a permis de rappeler son intérêt dans le système d’une douane qui tend à se moderniser. Nous avons montré et expliqué aux douaniers l’utilisation de l’outil, la méthodologie, et comment l’administration peut en tirer un bénéfice concernant sa gestion de contrôle douanier.
L’application COTES a pour intérêt de permettre aux douaniers d’accéder plus facilement aux données en ligne, et de gagner du temps dans la prise de décision.
Dans le futur, nous sommes toujours sur un programme de formations sur des techniques purement douanières. Il est nécessaire de continuer les formations sur la valeur transactionnelle, les règles d’origine, les positions tarifaires, etc. Nous voulons aussi renforcer la formation d’analyse de risques, ainsi que sur l’utilisation, l’exploitation et la maintenance des scanners.

Quel a été le rendement de l’activité de Cotecna au cours de l’année 2014 par rapport à 2013 ?

Ce rendement peut être mesuré par le nombre de contrôles effectués et par le niveau des recettes en douane.
Le volume des contrôles de Cotecna a encore augmenté cette année, ce qui veut dire que, de facto, la société lutte contre l’informel. Nos contrôles ont augmenté d’au moins 5 % sur l’année 2014 par rapport à 2013. On estime que la valeur ajoutée de Cotecna sur les recettes en douane est supérieure à 13 % ; soit une augmentation d’un point de pourcentage par rapport à l’année précédente.

Retrouvez cet article en intégralité dans CAPECO Africa N° 2