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Santé : le Congo doté d’un Centre de référence sur la drépanocytose

Brazzaville s’est dotée d’un nouveau centre de lutte contre la drépanocytose, une maladie sanguine génétique qui touche particulièrement les populations subsahariennes, dont 2 % des nourrissons en République du Congo.

Par Marie Esther

Construit dans l’enceinte du Centre hospitalier et universitaire de Brazzaville, le Centre national de drépanocytose a comme missions, entre autres, la coordination des activités de dépistage et de prise en charge de la maladie, la documentation épidémiologique, ainsi que la formation de spécialistes en hématologie et en drépanocytose. Il est aussi destiné à la recherche fondamentale, en tant que clinique, et à la coordination des essais thérapeutiques.
Ce Centre est l’aboutissement du travail de sensibilisation sur cette pandémie entrepris en direction des autorités congolaises et de la communauté internationale par la Fondation Congo assistance, que dirige l’épouse du chef de l’État depuis plusieurs années. Ce combat a abouti à la reconnaissance de la drépanocytose comme priorité de santé publique au plan mondial, et à la décision du gouvernement de doter le Congo d’un établissement prenant en charge les personnes souffrant de cette affection. Sa construction a été assurée par Sinohydro Corporation Ltd., une entreprise chinoise, en 24 mois et pour un coût de 6,6 milliards de francs CFA, issus des fonds publics.
La drépanocytose est une maladie héréditaire qui se caractérise par l’altération de l’hémoglobine. D’après les dernières enquêtes étiologiques réalisées au Congo, environ 25 % de la population du pays, soit un million de personnes, sont porteuses de la drépanocytose, et 2 % d’entre elles sont effectivement malades. Selon le ministère congolais de la Santé, « 50 % des enfants atteints de la drépanocytose dite "totale" meurent avant l’âge de cinq ans des suites de l’infection aiguë ou d’anémie ».
La construction du complexe témoigne de l’intérêt particulier que le gouvernement accorde à l’augmentation de l’offre de santé en général, et au traitement de cette pathologie en particulier. Cela constitue une réponse nationale à cette maladie. L’ambition affichée par le gouvernement et la Fondation Congo assistance est de faire de ce Centre une référence en matière de traitement de la drépanocytose en Afrique centrale. Sa vocation est effectivement sous-régionale, conformément aux conclusions des premiers états généraux tenus à Brazzaville en 2005. Un deuxième établissement devrait être édifié à Dakar, au Sénégal, pour les pays d’Afrique de l’Ouest.
L’inauguration du Centre a eu lieu en mai dernier, dans la foulée de la célébration du 30e anniversaire de la Fondation Congo-Assistance. À cette occasion, sa présidente, Antoinette Sassou N’Guesso, a déclaré : « J’offre aujourd’hui un bijou pour les soins des enfants et des personnes drépanocytaires, et surtout pour la recherche. À l’époque, on disait qu’un enfant drépanocytaire n’avait pas une vie au-delà de cinq ans ; heureusement, aujourd’hui nous trouvons même dans notre pays des drépanocytaires qui ont 60 ans. Donc, il y a un grand travail qui a été fait à travers le monde. Je suis fière d’avoir donné au Congo et à l’Afrique ce bijou. »
Grâce au plaidoyer de l’Organisation internationale de lutte contre la drépanocytose (OILD), au soutien de la République du Congo et de la République du Sénégal, et à l’engagement des scientifiques, l’Union africaine, l’Unesco, l’OMS et les Nations unies ont reconnu la drépanocytose comme une priorité de santé publique, et retenu le 19 juin comme date pour célébrer, chaque année, la journée mondiale de sensibilisation à cette maladie.

Retrouvez cet article en intégralité dans CAPECO Africa N° 2