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Interview de Monsieur Dieudonnée Bisso, directeur du projet hydroélectrique de Memve’ele

L’entreprise chinoise Sinohydro, qui construit le barrage hydroélectrique de Memve’ele, dans la localité de Nyabizan (région Sud du Cameroun), a réussi, fin février 2015, la seconde dérivation du fleuve Ntem sur le site de cette infrastructure énergétique. Selon le directeur du projet, l’ouvrage est achevé à plus de 60 %. Entretien.

Propos recueillis par Laurent Taieb - Photo : République du Cameroun

Cap Éco Africa : Monsieur Bisso, comment êtes-vous arrivé à la direction de ce projet d’envergure ? Pouvez-vous nous faire part de votre parcours ?

Dieudonné Bisso : J’ai été nommé par le gouvernement. Je suis ingénieur de formation, géophysicien passé par la Direction de la géologie et des mines au ministère en charge des Mines.

Quelles sont les retombées économiques engendrées par la construction du barrage hydroélectrique de Memve’ele par Sinohydro ? Et quels sont vos objectifs précis ?

Les retombées sont multiples. Il y a les retombées directes au niveau de l’emploi dans la région, et les retombées indirectes en ce qui concerne les avantages pour les riverains, notamment au travers du Programme d’accompagnement socioéconomique de Memve’ele (Pasem) qui vise à transformer le quotidien des populations des communes de Campo et de Ma’an. Mais les retombées les plus importantes sont pour le pays, la construction elle-même du barrage sur le fleuve Ntem. Il s’agit d’un apport essentiel de 211 MW dans notre système qui aujourd’hui est déficitaire. Normalement l’ouvrage devrait être livré en 2017, mais nous pourrons installer la première turbine et lancer nos essais dès septembre 2016. La construction du barrage a donné lieu à la réhabilitation du point d’eau potable de Nyabizan et l’équipement de son centre de santé. On a formé 300 jeunes aux métiers utiles à l’accompagnement des travaux du barrage.

Sommes-nous, dans le cadre de l’édification de ce barrage, dans le cas type d’un projet structurant ?

Quand on entreprend un pareil projet, il faut se soucier des populations riveraines. C’est un souci constant de l’État camerounais et du Président Paul Biya. Je citais précédemment le Pasem. C’est dans le cadre de ce Programme que nous avons formé 300 jeunes à de petits métiers d’accompagnement. Cette année, le gouvernement a débloqué 5,5 milliards de francs CFA pour la mise en œuvre du Pasem. Le volet social de ce projet hydroélectrique est essentiel pour sa réussite.

Les relations entre les ouvriers travaillant sur le chantier et le maître d’œuvre chinois Sinohydro n’ont pas toujours été au beau fixe. Comment avez-vous réussi à harmoniser les différents points de vue ?

Ça n’a pas été facile au début entre Chinois et Camerounais. C’est normal, il y a des différences culturelles de taille… Nous ne sommes pas habitués non plus aux grands chantiers. Il a fallu apprendre des deux côtés. Il a fallu que les Chinois aussi bien que les Camerounais s’adaptent et, Dieu merci, les choses désormais vont dans le bon sens, grâce aux ajustements opérés par les deux parties. La politique de grands chantiers initiée par le Président Paul Biya nous a aidés à faire comprendre aux deux parties qu’il fallait aller dans le même sens si on voulait atteindre l’émergence à l’horizon 2035. Ce qui n’était pas évident du côté camerounais car la génération qui travaille sur ces grands chantiers n’a aucune expérience de ceux-ci. Mais nous avons comme mission de mettre en œuvre la politique de grands travaux définie par le Président.

Retrouvez cet article en intégralité dans CAPECO Africa N° 3