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Grands projets d’infrastructures : le Cameroun mène la danse

Malgré la chute des cours mondiaux du pétrole, certains gouvernements d’Afrique centrale continuent de lancer de grands chantiers d’infrastructures, à l’instar du Cameroun, qui est en tête dans la sous-région.

Par Oumar Baldé - Photo : Shutterstock - Jan Mastnik

Peut mieux faire… mais pour cela, il faudrait que les pays de la CEEAC s’inspirent de l’exemple du Cameroun, le pays d’Afrique centrale qui compte le plus grand nombre de grands chantiers d’infrastructures !

Ce constat est celui du cabinet d’audit et de conseil Deloitte. Dans son rapport 2016 sur l’évolution du secteur des infrastructures et du BTP, il note que le Cameroun abrite actuellement cinq des dix plus importants projets en cours dans la sous-région. Parmi eux figurent la voie ferrée devant relier Edéa à Kribi (avec un investissement de 13 milliards de dollars), le port en eau profonde de Kribi (700 millions de dollars) ou encore le projet d’hydroélectricité de Lom Pangar. Ces infrastructures placent le Cameroun loin devant ses voisins d’Afrique centrale.

La RDC, qui arrive en 2e position, est portée par le projet du barrage Inga 3, dont le coût s’élève à 12 milliards de dollars. Ce chantier entre dans le cadre du gigantesque programme de réalisation du barrage Grand Inga, d’une capacité de production de 40 000 MW. Quant au Gabon, avec ses plans concernant le transport dans les villes de Port-Gentil et Omboué, ou encore la connexion entre la capitale Libreville et certaines régions du pays, il s’adjuge la 3e place de ce classement au niveau sous-régional.

Manque d’argent ?

Globalement, l’ensemble des pays d’Afrique centrale n’abritent que 8 % des grands projets en cours de réalisation sur le continent, soit à peine 10 % de la valeur totale de ces chantiers (estimée à 375 milliards de dollars en 2015). Selon le classement de Deloitte, l’Afrique centrale est la lanterne rouge africaine dans le domaine des infrastructures et des BTP (cf. encadré). Le lancement de nouvelles stratégies de développement économique (les plans Émergence) devrait contribuer à réduire le fossé séparant cette partie du continent des autres sous-régions.

Mais il faut compter avec la chute des prix des matières premières, notamment le pétrole, dont le plongeon des cours commence à se faire sentir sur le budget d’investissements des États. « La région subit de plein fouet la chute des prix des matières premières. Dans l’avenir, la poursuite des grands chantiers risque de se heurter à un manque de liquidités », analyse, en substance, le rapport Deloitte. D’autant plus que les États sont les principaux promoteurs et financiers des politiques de développement des grands chantiers.

Présence chinoise

Il ressort en effet de ce rapport que les projets sont financés à hauteur de 35 % par les gouvernements. Après ceux-ci, la Chine apparaît comme le principal bailleur de fonds. L’empire du Milieu finance 26 % des grands chantiers lancés actuellement dans la sous-région, soit beaucoup plus que le secteur privé des pays concernés (4 %) ou que les investissements directs étrangers en provenance d’Afrique (4 %). Les différentes autres sources de financement assurent tout de même 31 % des fonds engagés dans ces grands chantiers.

Par ailleurs, il faut retenir que le secteur énergétique représente 17 % des projets en cours, alors que les mines, l’immobilier social et l’hydraulique occupent une part quasi égale dans la répartition des chantiers. Enfin, le rapport déplore que « les investissements soient encore embryonnaires dans le secteur social et dans le transport maritime et portuaire ».

Retrouvez cet article en intégralité dans CAPECO Africa N° 7