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Cameroun : les transports selon Edgard Alain Mebe Ngo’o

En six mois, en suivant scrupuleusement les orientations du Chef de l’Etat, Son Excellence Monsieur Paul Biya, le Ministre Edgard Alain Mebe Ngo’o a métamorphosé le secteur des transports, de manière tant managériale que logistique et opérationnelle. Portrait.

Par Adamou Petouonchi - Photo : Ministère des Transports

Sa nomination en octobre 2015 au ministère des Transports a été perçue comme un coup de tonnerre. En effet, l’homme a passé l’essentiel de sa carrière dans les services stratégiques de renseignement et de sécurité, et a nourri beaucoup de débats subjectifs au sein d’une frange de l’opinion nationale. Pour certains, en le mutant de la Défense aux Transports, le Chef de l’État faisait de la pure spéculation ; pour d’autres, sa nomination sonnait comme une sanction. Mais toutes ces analyses se sont très vite dissipées face à la réalité que traversait alors le secteur des transports, en panne de leadership managérial.

Un homme expérimenté et loyal au Président Biya

Homme politique reconnu et ayant eu dans ses fonctions antérieures le mérite et le privilège d’assumer des tâches parmi les plus sensibles de l’État, Edgar A. Mebe Ngo’o s’est imposé comme une pièce essentielle dans le fonctionnement de l’appareil étatique, grâce à sa fidélité au Chef de l’Etat doublé d’un professionnalisme avéré.

Ce digne fils du Dja-et-Lobo a occupé pendant près de 20 ans des postes stratégiques ou il fut très exposé.

Pur produit de l’université camerounaise, celui qui commence sa carrière comme Administrateur civil réussit à se hisser en 1997 au prestigieux poste de Directeur du cabinet civil de la Présidence de la République, où il passe sept ans avant de se voir confier la lourde charge de ramener la police dans les rangs. Il sera difficile d’oublier les cinq années de rigueur et de discipline instaurées à l’ère Mebe Ngo’o, où la police camerounaise, jadis réputée prompte à exécuter les basses besognes, voit son rôle assaini, en conformité avec ce qu’exige une démocratie. C’est d’ailleurs sous la bannière d’Edgar A. Mebe Ngo’o que la police maîtrise les émeutes de la faim qui éclatent en février 2008 à la suite de l’augmentation des prix du carburant à la pompe. La célérité et la fermeté avec lesquelles il gère cette crise font de lui un homme sur lequel le Président Biya peut compter pour maintenir la stabilité.

Il est promu un an plus tard au Ministère de la Défense nationale. Après sept ans passés comme Ministre délégué à la Présidence chargé de la Défense, son bilan est au « vert ». Durant son mandat, il contribue à accroître l’efficacité opérationnelle des forces de défense et prône sans relâche aux « hommes en tenue » le loyalisme sans faille envers les institutions républicaines, la discipline, et la rectitude morale et intellectuelle. La conduite de l’armée camerounaise est citée plusieurs fois comme un exemple à suivre par le Président de la République. Du militaire de rang à l’officier supérieur, un hommage est rendu à ce corps les 8 et 9 décembre 2010, à l’occasion du Cinquantenaire, sur le thème « Armée camerounaise et nation : 50 ans de symbiose exemplaire au service de la paix, de l’intégrité du territoire et du développement, gages d’un Cameroun prospère et émergent ». On retiendra que c’est sous la mandature d’Edgar A. Mebe Ngo’o que sont créées la croix de la Valeur militaire ainsi que les conventions avec le Crédit foncier du Cameroun pour faciliter l’accès des militaires à la propriété immobilière, sans oublier la modernisation des hôpitaux militaires. Les libérations sans heurts par l’armée des otages détenus par Boko Haram sont des illustrations de la solidité et de la maturité de cette institution. C’est donc une armée parée qui oppose une riposte vigoureuse depuis 2013 aux atrocités du groupe terroriste. En toute logique, en octobre 2015, le Ministre de la Défense est donc appelé à relever un nouveau défi, d’une autre nature mais tout aussi stratégique pour accompagner la politique économique et sociale du Chef de l’Etat.

La locomotive de l’économie nationale

En effet, sa nomination aux Transports apparaît comme un nouveau challenge dont les épreuves, pour être plus pacifiques, n’en sont pas moins redoutables.

Edgar Alain Mebe Ngo’o qui prend à cœur la mission que lui a confié le Président, a déjà identifié les stratégies à mettre sur pied pour relever ce défi. La solution consiste selon lui à « créer une synergie d’efforts et d’actions qui permette au secteur des transports de jouer efficacement son rôle de locomotive de l’économie nationale et sous-régionale », afin d’être compétitif au sein d’une Afrique en pleine mutation dans un monde globalisé.

En premier lieu, Edgar A. Mebe Ngo’o est exigeant avec ses collaborateurs et fait émerger le meilleur de ce qu’ils peuvent apporter. Il aime à leur rappeler : « Vous travaillez, pas pour moi, mais pour plus de 20 millions de Camerounais. C’est un service public et il doit demeurer comme tel. » Selon ses proches collaborateurs, l’homme est intransigeant sur la qualité du service public rendu au contribuable. Il faut donc en permanence, selon lui, « multiplier les efforts pour développer des stratégies afin qu’il y ait plus de célérité dans le traitement des dossiers ». Et d’ajouter : « Mes collaborateurs doivent faire preuve d’ardeur au travail. L’absentéisme, le laxisme et la corruption doivent disparaître de nos mentalités. » Juste philosophie du service public. Mais qu’en est-il dans la réalité ?

Un homme qui répond à la feuille de route impulsée par le Président Biya

Son bilan, à six mois de sa nomination, dessine une direction vers l’action de terrain. L’homme va vite, très vite. À son actif, la restauration de l’autorité de l’État dans les structures rattachées à son département ministériel ; les travaux de modernisation de l’aéroport de Douala, où le respect des délais et la qualité des infrastructures rénovées valident sa méthode (en 21 jours de rénovation, l’aéroport est paré et compte bien jouer son rôle de hub sous-régional) ; à verser également au crédit de sa gestion, dans le secteur aérien, la mise en service des MA60, qui permettront de rentabiliser l’exploitation de la compagnie aérienne nationale Camair-Co.

Par ailleurs, dans l’exécution de son plan sectoriel et en vue d’évaluer l’état des transports via un audit infrastructurel, opérationnel, administratif et logistique, le Ministre a déjà fait le tour de la quasi-totalité des entités, aussi bien des transports aérien et maritime que ferroviaire et routier. C’est un homme de proximité. On peut en juger par son action au Complexe industriel et portuaire de Kribi, au Yard pétrolier de Limbé, au Chantier naval et industriel du Cameroun, au Port autonome de Douala, à l’Autorité portuaire nationale, dans les locaux de la société Aéroports du Cameroun (ADC). Il a aussi effectué quelques visites inopinées à la Société générale de surveillance, au Conseil national des chargeurs du Cameroun, à la Société camerounaise de transport urbain et au Bureau général des frets terrestres, pour s’enquérir des réalités sur leur fonctionnement. Comme on dit dans le jargon, il a fait « le tour du propriétaire de son ministère » et a pris la mesure de la tâche qui lui incombe : celle de l’élaboration et de la mise en œuvre efficace de la politique du gouvernement en matière de transports et de sécurité routière.