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Portrait du Ministre des Travaux publics du Cameroun, Emmanuel Nganou Djoumessi

C’est un des hommes de confiance du Chef de l’État Paul Biya pour conduire l’émergence du pays à l’horizon 2035. Son challenge ? Le bitumage de 3 500 km de routes en terre et la réhabilitation de 2 000 km de routes asphaltées d’ici 2020.

Par Adamou Petouonchi - © DR

Tous les Camerounais vous le diront, le Ministre des Travaux publics Emmanuel Nganou Djoumessi n’est pas avare de son temps. C’est un homme de terrain, capable de monter dans un pick-up, bottes aux pieds et casque sur la tête, et de passer la nuit sur un chantier en plein milieu de la forêt, supportant la pluie, le froid et les moustiques. Il surfe entre les lambris de son bureau et les routes ravinées, avec compétence, engagement physique et une certaine dose de patriotisme.

Tous ceux qui ont piloté le département ministériel des Travaux publics au Cameroun se sont trouvés face à ce challenge. Mais la tâche devient plus ardue quand votre feuille de route vous impose de conduire les grands chantiers d’infrastructures dans le cadre de la politique des « Grandes réalisations » définie par le Chef de l’État, et ce dans un contexte marqué d’un côté par l’organisation de compétitions internationales, et d’un autre par la poursuite de l’émergence à l’horizon 2035. C’est donc à un moment clé de l’histoire du Cameroun qu’Emmanuel Nganou Djoumessi a pris, le 2 octobre 2015, les commandes du Ministère des Travaux publics (MINTP).

Un parcours impressionnant

Son CV parle pour lui. Durant les quatre années qui ont précédé sa nomination, l’actuel Ministre des Travaux publics a été à la tête du Ministère de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire (Minepat). Natif de Bamesso, dans le département des Bamboutos, région de l’Ouest, il est arrivé aux affaires en empruntant le chemin de l’École nationale d’administration et de magistrature (Enam), qui lui a permis de gravir les marches de l’Administration. Administrateur civil, il fut de 1993 à 1996 secrétaire général de la province de l’Ouest, et entre 1996 et 2000 préfet dans les départements de la Menoua et du Koung-Khi. Il est promu le 18 mars 2000 par décret au poste stratégique de secrétaire général adjoint des services du Premier ministre, où il passe un peu plus de onze ans.

Méthodique, Emmanuel Nganou Djoumessi réussit à trouver le temps, malgré ses occupations, pour effectuer des formations académiques complémentaires. Il obtient ainsi le prestigieux diplôme d’études approfondies en droits fondamentaux et analyse des politiques économiques de l’université de Nantes en 2002.

Tout le monde s’accorde sur son intelligence fulgurante dans l’exercice de la présidence du conseil d’administration des Cimenteries du Cameroun (Cimencam) (2006-2008), et à partir de 2008 de celui de l’Institut national de la statistique (INS). Dans la foulée, il devient membre du comité de pilotage du Programme national de gouvernance et de lutte contre la corruption, poste pour lequel ses partisans comme ses adversaires louent son sens élevé du devoir. Son credo : « Il convient de rechercher le professionnalisme. […] Les contraintes sont nombreuses, mais surmontables par notre détermination. »

Un homme de confiance pour conduire vers l’émergence du pays

Son arrivée au Minepat s’est faite dans un contexte international marqué par les séquelles de la crise financière, qui a renchéri et durci les conditions de financement. Or, le Cameroun est alors en chantier et, en sa qualité de Ministre de l’Économie, Emmanuel Nganou Djoumessi doit mobiliser des capitaux conséquents pour financer les grappes d’investissements productifs et sociaux que le pays s’apprête à lancer. Résultat de son action ? Une pluie d’accords de la part des bailleurs de fonds et des partenaires économiques tombe sur le Cameroun à partir de 2012. Jouissant d’une bonne maîtrise du programme d’émergence du pays, le Ministre quitte le Minepat à la faveur d’un réaménagement ministériel pour poser ses valises au MINTP. Mutation stratégique et logique selon certains, qui voient dans cette nomination une volonté du Chef de l’État d’accélérer la réalisation des chantiers pour lesquels ce fils du pays s’est activé afin de mobiliser les financements en amont.

En arrivant au MINTP, Emmanuel Nganou Djoumessi pose son diagnostic : « Que faisons-nous ? Pour quels résultats ? Quoi qu’il en soit, l’état des lieux de la construction ou de l’entretien routier dans notre pays doit aboutir à des propositions d’amélioration à mettre en route ; nous ne devons plus attendre ; telle sera notre contribution à la mise en œuvre de l’important volet “infrastructures” du programme des “Grandes réalisations” de Son Excellence Paul Biya. » Il est finalement le meilleur des serviteurs de l’État pour appliquer la thérapie de la croissance économique par le développement routier.