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Entretien avec Philippe Nouanga, Directeur Général du LaboGénie

Créé en 1953, le Laboratoire national de génie civil du Cameroun a connu plusieurs mutations et été transformé en novembre 2007 en une société d’État. Il occupe une place centrale dans les métiers de la géotechnique, la géophysique, la métrologie, l’hydraulique, la formation et les études environnementales.

Propos recueillis par Pius Moulolo - © DR

CAP ÉCO Africa : Monsieur le Directeur général, quelles sont les principales missions qui sont dévolues au LaboGénie ?

Philippe Nouanga : Le LaboGénie est un organisme scientifique et technique qui réalise des essais et études expérimentaux pour la caractérisation des sols, l’optimisation de la qualité des matériaux de construction et le suivi de leur mise en œuvre adéquate. Son rôle principal est de garantir la qualité et la sécurité des infrastructures de génie civil.

Les missions du LaboGénie peuvent être classées en quatre groupes : une mission de contrôle, notamment le contrôle des laboratoires privés, le suivi du respect des règles en matière de construction et d’entretien des ouvrages, le développement technologique des matériaux de construction et le contrôle de leur mise en œuvre ; une mission d’étude et de recherche en vue de la prévention des risques et des calamités naturelles ; une mission normative et de régulation, qui consiste à fixer des normes et prescriptions techniques en matière de construction d’infrastructures de génie civil ; et enfin une mission de formation.

Qu’est-ce qui selon vous fonde le leadership du LaboGénie dans le domaine de l’ingénierie géotechnique en Afrique centrale ?

Le LaboGénie, qui offre un service de proximité et de qualité aussi bien aux organismes publics et privés qu’aux particuliers, fonde son leadership sur une expérience inégalée acquise en plus de 60 ans d’exercice dans le domaine de la géotechnique. Nos équipes sont composées de praticiens de haut niveau, notre matériel et nos moyens techniques sont les plus innovants et les plus performants de l’heure, adaptés à toutes les prestations. À titre d’illustration, le LaboGénie est pratiquement le seul laboratoire de la sous-région à utiliser, dans le cadre de ses prestations, des appareils de pointe tels que le Déflectographe (pour mesurer la portance des structures) ou le radar (qui permet de mesurer les épaisseurs des couches d’une structure de chaussée).

Comment accompagnez-vous le gouvernement dans la réalisation des grands chantiers routiers ?

Le LaboGénie réalise des études géotechniques. Le but pratique de ce travail est de permettre l’adaptation spécifique de l’ouvrage aux conditions prévisibles du site. Il s’agit de définir et de justifier les solutions techniques à concevoir, à adopter et à mettre en œuvre pour réaliser ou aménager ledit ouvrage en toute sécurité et à moindre coût. Nous assurons également le contrôle géotechnique des travaux au moment de la construction de la route. À ce niveau, le LaboGénie s’assure du respect des exigences de l’étude géotechnique, du devis du projet et de la mise en œuvre adéquate des matériaux de construction. Nous accompagnons ainsi le gouvernement dans la construction de chantiers routiers tels que les autoroutes Yaoundé-Nsimalen, Yaoundé-Douala, la route Mengong-Sangmélima, les routes de l’Ouest…

Quelles sont les autres prestations du LaboGénie ? Et avez-vous d’autres partenaires ?

Le LaboGénie propose un éventail de prestations, notamment les études et le contrôle géotechniques, les essais sur les matériaux de construction locaux ou importés, les expertises sur la qualité des ouvrages, la réalisation des forages d’eau. Nous offrons également des modules de formation en géotechnique pour permettre aux professionnels de développer leurs compétences et leur compréhension des enjeux et problématiques en géotechnique. Certains modules sont ouverts aux jeunes désireux de faire carrière dans le domaine. Le ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle assure la certification des parchemins délivrés par le LaboGénie.

Pour embrayer directement avec le deuxième volet de votre question, je tiens à préciser que le LaboGénie est membre des associations professionnelles (la Société internationale de mécanique des sols et de la géotechnique, le Comité transnational des géotechniciens d’Afrique, l’Association des laboratoires du bâtiment et des travaux publics d’Afrique…) et a signé des contrats de partenariat avec des organismes publics (le Bureau de contrôle du bâtiment et des travaux publics du Congo, le Laboratoire public d’essais et d’études du Maroc…), privés et universitaires (universités de Yaoundé-I, Maroua et N’Gaoundéré)… L’objectif de cette démarche s’inscrit dans la dynamique de performance de l’entreprise.

Vous êtes par ailleurs président du Comité national des géotechniciens du Cameroun (CNGC). Que peut-on retenir de la 8e édition des Journées africaines de la géotechnique organisée à Douala en juin dernier ?

La 8e édition des Journées africaines de la géotechnique a constitué un cadre d’échange d’expériences et de mutualisation de connaissances pour la résolution des problèmes de construction de l’heure. L’objectif était de capitaliser les meilleures pratiques professionnelles afin de soutenir les efforts de nos gouvernements respectifs et des promoteurs privés en vue d’améliorer leur performance en matière de construction. Cet évènement a mobilisé environ 250 participants originaires de pays d’Afrique – notamment l’Algérie, le Burundi, le Cameroun, Djibouti, le Bénin, le Congo-Brazzaville, la RDC, la Côte d’Ivoire, le Gabon, la Guinée-Conakry, le Mali, le Niger, le Sénégal, le Tchad, le Togo, la Tunisie –, d’Europe – en l’occurrence la France et l’Allemagne – et d’Amérique du Sud – le Brésil. Ces Journées ont réuni des enseignants d’université, des étudiants, des fabricants d’équipements, des bureaux d’études et de contrôle géotechniques, des entreprises de BTP, des administrations en charge du financement des travaux publics, et le ministère en charge des Bâtiments et Travaux publics.

Retrouvez cet article en intégralité dans CAPECO Africa N° 8