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Entretien avec Cyrus Ngo’o, Directeur Général du Port autonome de Douala

Âgé de 50 ans Cyrus Ngo’o est le nouveau Directeur Général du Port autonome de Douala. Il nous livre ici quelques réflexions sur le rôle à venir du port dans un contexte de concurrence accru.

Propos recueillis par Adamou Petouonchi - © DR

CAP ÉCO Africa : Monsieur le Directeur Général, vous avez pris vos nouvelles responsabilités à la tête du Port autonome de Douala (PAD) il y a quelques mois. Dans quelle situation était le port ?

Cyrus Ngo’o : Au moment de ma prise de fonction le 24 août 2016, j’ai trouvé le PAD opérationnel dans l’ensemble de ses activités. Comme vous le savez, la place portuaire de Douala est un port colonial qui a commencé ses activités au XIXe siècle et s’est développé au fil du temps. À titre de rappel, en 1975, le trafic se situait autour de 2 millions de tonnes par an. Après les travaux d’extension inaugurés en janvier 1980, la capacité du traitement du trafic a été portée à 7,5 millions de tonnes par an. En 2015, soit 35 ans après sa dernière extension, le PAD dépassait 11 millions de tonnes. Il est évident que le port de Douala nécessite de nouveaux investissements qui cadrent avec ses besoins actuels, ceux de ses clients, de l’environnement concurrentiel, du développement technologique. C’est la principale plateforme logistique du Cameroun et de la sous-région.

Un nouveau port en eau profonde à Kribi est opérationnel… Comment comptez-vous conserver votre leadership ?

Le PAD n’est pas en situation de concurrence avec le port de Kribi, dont l’avènement offre plutôt de grandes opportunités à la ville de Douala. Ces deux infrastructures sont complémentaires pour le développement du Cameroun. De fait, le port de Douala est un port naturel pour les pays de l’hinterland et de la sous-région, notamment le Tchad, la République centrafricaine et le nord du Congo. Cela ne veut pas pour autant dire qu’on va se croiser les bras. Le PAD doit davantage investir en infrastructures portuaires modernes pour offrir à ces pays et à tous ses autres clients et usagers des services de qualité optimale. Nous avons à cet effet créé récemment des représentations à Ndjamena et à Bangui pour mieux servir l’hinterland.

Quels sont les travaux à entreprendre pour rendre le PAD plus compétitif ?

Dans l’immédiat, le PAD fait le maximum pour le maintien de ses équipements en état fonctionnel, tout en évitant l’engorgement. Depuis ma prise de fonction, j’ai déjà pu cerner les urgences, qui figurent pour la plupart sur la feuille de route prescrite par le gouvernement de la République. Pour sa performance, son attractivité et sa compétitivité, le PAD doit relooker ses quais, ses voies de desserte, ses bâtiments administratifs, ses infrastructures et superstructures, sans oublier l’acquisition de nouveaux équipements tels que les pilotines, les équipements de sécurité.

Le Cameroun est la locomotive de l’Afrique centrale et son hub privilégié. Quelle place peut occuper le PAD dans ce dispositif ?

Comme par le passé, le PAD va continuer de jouer son rôle de poumon économique du Cameroun. Il ne saurait se défaire de ce rôle essentiel, il assure et assurera pour plusieurs années encore une part substantielle du flux des marchandises entrant ou sortant du pays. Dans la sous-région Afrique centrale, sa stabilité politique a fait du Cameroun un havre de paix ; sa situation géographique dans le golfe de Guinée et son appartenance à la Cemac et à la CEEAC en font un pôle économique émergent.

Quelles actions allez-vous entreprendre pour développer des accords de partenariat avec d’autres ports ?

Le PAD est un port historique dont l’avènement date de 1884. Il est connu par plusieurs armateurs. Il s’est développé avec le temps et a tissé des relations diverses avec les partenaires extérieurs. À ce jour, le PAD est membre de plusieurs associations nationales et internationales. Il s’acquitte régulièrement de ses obligations vis-à-vis de ces associations. Le PAD occupe la vice-présidence de l’Association internationale Villes et Ports. C’est dire si sa notoriété est établie et reconnue.

Retrouvez cet article en intégralité dans CAPECO Africa N° 9