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Tour d’horizon de la filière transports

Le secteur des transports et de la logistique s’impose comme la clé de voûte de l’économie nationale et la locomotive des grands projets structurants du Président Paul Biya pour un Cameroun émergent à l’horizon 2035.

Par Pius Moulolo - © AFP - ANDREAS SOLARO

Le Ministre des Transports Edgar Alain Mebe Ngo’o entend dynamiser ce secteur au travers de la modernisation des outils de production, la réduction du coût et des délais de transport, la compétitivité des entreprises et l’insertion du Cameroun dans l’économie mondiale. Qu’il s’agisse du transport terrestre, aérien, maritime ou ferroviaire, le Président de la République compte saisir l’immense opportunité de faire de ce secteur un important levier de croissance et de création de richesses.

La vision du Président Biya

La politique camerounaise des transports s’inscrit dans le cadre global du Document de stratégie pour la croissance et l’emploi (DSCE), qui fixe les grandes orientations macroéconomiques de l’action gouvernementale sur la période 2010-2020. Rappelons qu’avec la crise économique des années 1980, des contrecoups sans précédents ont touché plusieurs programmes de développement d’infrastructures de transport.

Le phénomène s’est accéléré avec la dévaluation du franc CFA en 1994 et les plans d’ajustements structurels qui ont plongé le Cameroun dans une longue période de récession. Le secteur s’est ainsi fortement dégradé, avec des performances insuffisantes tant en ce qui concerne les coûts que la qualité, la rapidité et l’offre en infrastructures de transport. La baisse du pouvoir d’achat et le sous-emploi ont favorisé l’apparition des phénomènes de corruption, d’indiscipline, de procédures administratives viciées et de transport clandestin qui représentent un frein au développement économique et sont une importante source d’insécurité.

L’atteinte du Point d’achèvement de l’initiative PPTE en 2006 a cependant permis au gouvernement de mettre en place une véritable politique de transports publics, reposant sur la construction et la réhabilitation de certaines infrastructures devant accompagner les projets prioritaires et porteurs de croissance, dans le but d’atteindre l’émergence d’ici 2035.

Dans le sous-secteur aéroportuaire par exemple, le DSCE a prévu une réhabilitation des principaux aéroports du Cameroun, notamment Douala, Yaoundé, Bafoussam, Garoua et Maroua. Le développement du sous-secteur portuaire porte quant à lui sur le dragage du chenal du Port autonome de Douala (PAD) pour le rendre accessible aux navires de taille moyenne, la construction du port en eaux profondes de Kribi afin d’évacuer l’essentiel de la production pétrolière et minière du sud du Cameroun, et la construction d’un chantier naval et industriel à Limbé, en plein cœur du golfe de Guinée.

Le gouvernement conduit également un important programme d’aménagement de nouvelles voies ferrées selon les normes et standards internationaux. Ce dernier vise à boucler l’intégration économique des régions du nord et du sud du pays. Il en est ainsi des axes Ngaoundéré-Garoua-Maroua-Kousséri, Edéa-Yaoundé-Ngaoundal et Kribi-Ebolowa-Mbalam, pour ne citer que ceux-là. Concernant le transport terrestre, le gouvernement compte réhabiliter 250 km de routes et en bitumer 450 km chaque année d’ici 2035. L’autoroute Yaoundé-Douala s’inscrit dans cette dynamique.

Des avancées majeures

Bien que de nombreux défis restent à relever, l’ensemble des grands chantiers engagés par le Président Biya sont sur la bonne voie. L’entrée en service imminente du complexe industrialo-portuaire de Kribi, dont les travaux sont achevés à 100 %, fera certainement du Cameroun la plaque tournante des échanges en Afrique centrale. Lors de sa prise de fonction du 24 août dernier, le Ministre des Transports rappelait d’ailleurs à Cyrus Ngo’o, nouveau directeur général du PAD, que cette infrastructure et le Port autonome de Kribi (PAK) ne sont pas concurrents, mais complémentaires. Seuls les travaux de modernisation du PAD combinés aux performances du PAK permettront l’atteinte de l’émergence.

Dans le secteur aérien, des lignes bougent également avec l’adoption en juillet 2016 du plan de relance réalisé par le cabinet Boeing Consulting qui prévoit d’enrichir la flotte de la Camair-Co de neuf nouveaux aéronefs d’ici 2019, et d’ouvrir 27 nouvelles destinations tant domestiques que régionales ou internationales. La création d’une nouvelle société de transports publics de masse dénommée Société de transports et équipements collectifs de Yaoundé (Stecy), la construction d’un yard pétrolier à Limbé et l’extension du chemin de fer camerounais jusqu’au Tchad sont autant de signes qui montrent que le Cameroun est résolument tourné vers la croissance et l’émergence à l’horizon 2035.

Retrouvez cet article en intégralité dans CAPECO Africa N° 9