A la une

Le port de Kribi, chantier phare de l’émergence

Le Port autonome de Kribi va talonner les plus grandes structures portuaires de l’Afrique, en se hissant à la 3e place du podium après le port de Tanger (Maroc) et celui de Durban (Afrique du Sud)…

Par Adamou Petouonchi - © DR

L’ambition est de taille. Cette infrastructure portuaire a vocation à devenir la principale plateforme logistique sur les routes maritimes de l’Afrique en direction de l’Europe et de l’Asie. Dans sa conception et sa réalisation comme dans son exploitation et son développement, le gouvernement du Cameroun voit grand, très grand. C’est même un des emblèmes de l’émergence du pays qui pointe à l’horizon.

Objectif : booster les échanges commerciaux

Le Port autonome de Kribi (PAK) fascine, tant pour son architecture que pour les services qu’il entend offrir. « C’est de là que nous exporterons nos minerais fer, cobalt, aluminium, hydrocarbures, etc. , mais aussi les productions agricoles de notre arrière-pays. C’est autour de ce port que se grouperont nos industries de transformations. C’est encore vers le PAK que convergeront les voies ferrées qui transporteront nos minerais bruts ou transformés », avait dit le Président Paul Biya en octobre 2011. Pour assurer ce statut, le gouvernement a mis le paquet. Un montant de 1,25 milliard de dollars a été mobilisé auprès de la China Exim Bank.

De par ses caractéristiques, cette architecture titanesque a un réel potentiel à devenir une plateforme tournante des transits et un hub régional. Les raisons d’un tel optimisme ne manquent pas. En effet, d’une part doté de 650 m de linéaire de quai, extensible à 1 050 m selon les objectifs à court terme, et d’autre part jouissant d’un positionnement stratégique dans le golfe de Guinée, le PAK est la porte d’entrée vers un gigantesque marché couvrant plusieurs millions de consommateurs répartis dans la sous-région.

Des capacités exceptionnelles

Une architecture ultramoderne, des partenaires de renommée internationale garantissant un service de qualité, des tarifs compétitifs, un bon positionnement géostratégique, d’excellentes conditions navigation… les avantages comparatifs du PAK sont innombrables. De plus, il est situé à 35 km de la ville balnéaire de Kribi et fait partie d’un projet de construction d’un gigantesque complexe industrialo-portuaire, qui prévoit, en sus du PAK, une zone industrielle, un corridor multimodal et une nouvelle ville devant abriter plus de 100 000 habitants d’ici 2040. Si on ajoute à cela l’ouverture sur la façade Est de l’océan Atlantique et son faisceau de communications multimodales – qui le connecte à un hinterland constitué de tous les pays d’Afrique centrale et du Nigéria –, on voit tous les atouts du PAK pour l’essor économique de la sous-région.

Mais le plus grand de ses atouts réside ailleurs : « [Le PAK] vient pallier les insuffisances du Port autonome de Douala, un port difficile d’accès à cause de son faible tirant d’eau. Bien que ce dernier concentre plus de 95 % des échanges commerciaux du Cameroun avec l’étranger, il doit faire face au lancinant problème de l’engorgement et du délai de passage des marchandises. Ce qui n’est pas le cas du PAK qui est capable d’accueillir des pavillons de plus de 8 000 conteneurs, des grands navires de 70 000 Tonnes de port en lourd (TPL) pour le port général et de 350 000 TPL pour les terminaux spécialisés. En plus, il est relié à la mer par un chenal de 650 m de long, 200 m de large et 17 m de profondeur. Aussi, il dispose d’outils technologiques innovants et performants », assène Roger Tchouteng Ngaya, P-DG de Strategy, la première agence de communication financière et corporate d’Afrique centrale, basée à Yaoundé.

L’époque propice aux contrats

Après la réorganisation du PAK par décret du Chef de l’État le 29 juin 2016 et la nomination de ses organes sociaux, l’opérationnalisation du port s’est poursuivie. On a vu deux groupes français de logistique portuaire rivaux, Bolloré Africa Logistics (BAL) et Necotrans, remporter l’appel d’offres pour l’exploitation des terminaux. Cela s’est traduit par des contrats de concessions entre, d’une part, le PAK, le consortium Bolloré - China Harbour Engineering Company (CHEC) et l’armateur CMA CGM du franco-libanais Jacques Saadé, pour l’exploitation et le développement du terminal à conteneurs ; et d’autre part, le PAK et le consortium Necotrans - Kribi Port Multi Operators (KPMO), pour l’exploitation et la maintenance du terminal polyvalent. Par ailleurs, il faut ajouter la finalisation du contrat de remorquage et lamanage entre le PAK et la société néerlandaise Smit Lamnalco. Ces différents contrats visent à développer l’infrastructure qui deviendra le poumon économique du Cameroun et de l’Afrique centrale.

Retrouvez cet article en intégralité dans CAPECO Africa N° 9