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Entretien avec Louis Roger Manga, Directeur général de la Maetur

La demande annuelle en logements au Cameroun se situe à environ 120 000 unités. Comment faire pour que le secteur puisse produire massivement et combler son déficit actuel ? Trois questions au DG de la Maetur pour le savoir...

Par Adamou Petouonchi et Pius Moulolo - © Guy Tchapi

CAP ÉCO Africa : Monsieur le Directeur général, pouvez-vous nous résumer l’apport de la Maetur 40 ans après sa création ?

Louis Roger Manga : La Maetur occupe une place centrale dans le dispositif mis en place par l’État pour lancer la production massive de logements au Cameroun. Quarante ans après sa création, elle a structuré de manière sensible certains espaces de vie de centres urbains dans une quinzaine de villes du Cameroun, elle a domanialisé (opéré la transformation juridique de, ndlr) plus de 15 000 ha de terrains, a intégré de manière harmonieuse certains quartiers, certains cadres de vie dans le tissu urbain pour ainsi les préserver du désordre urbain. Elle a procédé à la restructuration de certains quartiers d’habitat spontané. D’ailleurs, il faut souligner que les centres urbains au Cameroun regorgent d’installations et habitats spontanés – qui forment près de 50 % de la superficie de villes comme Douala, Yaoundé, Bafoussam, Garoua…

Donc c’est un bilan satisfaisant ?

La Maetur a quatre métiers-pilotes : opérateur foncier, bureau d’études de conception, maître d’œuvre et commercialisation. Les plus gros investissements de la Maetur sont à classer dans sa matière grise et son personnel. Pour répondre à votre question, environ le 10e de la population camerounaise habite dans un site aménagé par la Maetur ou à proximité, soit plus de 2 millions de personnes dans une quinzaine de villes. En dehors de Yaoundé et Douala, la Maetur est aussi présente à Ngaoundéré, Buéa, Bafoussam, Kribi, Ebolowa, Bertoua, Limbé, Garoua… Dans la même veine, nous avons mis à la disposition des Camerounais plus de 50 000 parcelles en vue de l’autoconstruction. À verser également au bilan de la Maetur, la vaste restructuration des quartiers et habitats spontanés et de leur intégration au tissu urbain. À juste titre, on peut citer le cas du quartier Nylon à Douala, avec 200 000 habitants sur 700 ha.

Où en est le Programme de production d’habitations accessibles aux ménages à faibles revenus ?

Ce programme concerne les ménages dont les revenus n’excèdent pas 200 000 francs CFA. Il consiste en 1 000 ha sécurisés, aménagés par paquets de 300 ha produisant chacun 5 000 parcelles en autoconstruction, auxquels s’ajoutent des terrains pour des logements collectifs remplissant tous les critères d’habitabilité décente. Le programme est supporté pour 40 % par l’État et le reste par le bénéficiaire. Une partie de ce programme est en cours à Nkondom, sur la route de Mfou, sur 200 ha environ. Dans cette même veine, la Maetur engagera bientôt la réalisation d’un des tout premiers écoquartiers au Cameroun, dans la ville de Kribi. Mais ce qu’il faut retenir, c’est que le secteur de l’habitat et du logement n’est pas l’apanage d’un seul acteur. Dans le cadre de nos programmes, nous collaborons avec plusieurs autres administrations.

Retrouvez cet article en intégralité dans CAPECO Africa N° 10