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Aménagement des voiries : un chantier pharaonique

Avoir une architecture urbaine attractive, voilà l’objectif de la stratégie gouvernementale d’embellissement des villes et de développement urbain du Cameroun. La tâche s’avère rude.

Par Adamou Petouonchi et Pius Moulolo - © DR

L’effervescence artistique, architecturale et urbanistique d’un pays est indispensable pour accroître sa compétitivité et son attractivité. En s’appuyant sur les politiques publiques de maîtrise de l’urbanisation et d’amélioration du cadre et des conditions de vie des populations, le gouvernement camerounais a défini un ensemble de références, au service des différents acteurs urbains, devant promouvoir un développement harmonieux et raisonné. Le Ministre de l’Habitat et du Développement urbain l’a affirmé : « Nos villes doivent être propres et embellies. Et c’est maintenant qu’il faut rendre les routes praticables pour une mobilité urbaine fluide et durable. »

Pays hôte de la Coupe d’Afrique des nations 2019, le Cameroun a fait de l’aménagement des voies d’accès et réseaux divers une priorité. Cela se traduit par la construction de 150 km de voiries ; l’amélioration des voies principales, des bretelles, des voies secondaires et des voies d’accès aux stades, structures hôtelières et de services de base ; l’organisation des équipements collectifs et des transports ; la construction d’ouvrages urbains ; la poursuite des travaux d’entretien, de réhabilitation et d’assainissement des voiries urbaines et municipales. Techniquement, le chantier est abyssal pour le ministère de l’Habitat et du Développement urbain, architecte de l’État. En matière de voirie urbaine, le linéaire total des réseaux du pays n’est pas très bien connu. Il est estimé à 5 000 km, dont environ 3 300 km pour les seules villes de Yaoundé et Douala. Dans ces deux métropoles, plusieurs travaux sont en cours d’exécution, à l’exemple des projets « Douala ville durable » et « Drainage pluvial de Douala ». Ce dernier, évalué à 109 milliards de francs CFA (166,17 millions d’euros), repose sur la réhabilitation de près de 48 km de canaux principaux, la construction de 39 km de canaux en béton armé et/ou en perrés maçonnés et le reprofilage de 9 km de canaux en terre dans les parties aval de certains drains. On peut aussi citer les travaux d’aménagement de voiries engagés par la communauté urbaine et l’ensemble des communes de Yaoundé. In fine, face à l’amplification du phénomène urbain et à ses effets néfastes tant sur la qualité de vie des habitants que sur l’image des villes, principales vitrines du pays pour les visiteurs ou les potentiels investisseurs étrangers qui y débarquent, le Cameroun entend mettre l’accent sur la qualité et l’esthétisme en matière d’aménagement urbain, afin de rendre la « destination Cameroun » plus attractive et incitative.

Retrouvez cet article en intégralité dans CAPECO Africa N° 10