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TOP 10 : qui finance le plus l'économie au Cameroun ?

Savez-vous qui est le directeur général de votre banque ? Cette question peut paraître triviale, mais quand on essaye de collecter les réponses, elles prennent vite la forme interronégative : « Ce n’est pas untel ? » À y regarder de près, le plus souvent ce sont les noms des anciens DG qui reviennent, quand il ne s’agit pas tout simplement d’une confusion entre DG de différents établissements bancaires. Who’s Who.

Par Adamou Petouonchi et Pius Moulolo - © Shutterstock - Number1411

Alphonse Nafack, Administrateur Directeur général d’Afriland First Bank (AFB)

L’homme qui a été porté à la tête d’AFB fin février 2012 est un pur produit de la maison. Il cumule une expérience de plus de 23 ans de carrière au sein d’AFB. En 1994, il y officiait déjà comme chef du Département de contrôle des engagements des projets. DG adjoint entre 2008 et 2012 puis directeur général de 2012 à 2014, il est devenu ADG d’AFB en 2014. Ses interlocuteurs apprécient sa grande discrétion, son leadership et son tact managérial. On loue sa parfaite maîtrise du secteur financier. La soixantaine à peine amorcée, cet expert financier, diplômé de l’Institut technique de banque (ITB) de Paris, est un banquier chevronné qui a maintenu et amélioré les performances d’AFB sur les différents secteurs du marché bancaire. Avec des encours de crédits et de dépôts en constante évolution, AFB a su tenir le pari de se hisser au sommet de la hiérarchie des institutions du secteur bancaire camerounais.

Alexandre Beziaud, Administrateur Directeur général de la Société générale Cameroun

Voilà déjà deux ans qu’Alexandre Beziaud est à la tête de la filiale camerounaise du groupe bancaire français Société générale. À seulement 43 ans, cet ancien diplômé de l’École centrale de Paris totalise plus de 20 ans de carrière dans le secteur bancaire. Après un passage à BNP Paribas, il rejoint la Société générale en 2000. Avant sa nomination au Cameroun, il occupait le poste de DG adjoint au siège de la banque à Paris. Avec près de 23 % de part de marché sur l’octroi des crédits, plus de 6 000 clients entreprises, la Société générale est aujourd’hui un acteur-phare du paysage économique du pays. Pendant trois années consécutives, de 2011 à 2013, elle a décroché le prix de la « Meilleure banque au Cameroun ». Inéluctablement, elle a su en plus de 50 ans de présence dans le pays s’imposer comme un acteur clé en termes de financement de l’économie. La stratégie du nouvel ADG est connue : être au service des particuliers, entreprises et pouvoirs publics afin de doper la croissance, tout en étant la banque relationnelle de référence.

Alain Ripert, Directeur général de Bicec

Alain Ripert n’en est pas à son premier poste à la tête d’une filiale du groupe BPCE. D’ailleurs, sa nomination au Cameroun est en réalité le résultat d’une permutation de fauteuils entre les deux DG des filiales malgache et camerounaise. Créée le 14 mars 1997, à la suite de la liquidation de la Bicic qui n’a pas survécu à la crise économique des années 1980-1990, la Banque internationale du Cameroun pour l’épargne et le crédit (Bicec), forte d’un réseau de 39 agences, comptant plus de 789 collaborateurs et 315 000 clients, est une banque solidement implantée au Cameroun. Deuxième banque de détail du pays, elle intervient sur tous les secteurs de marché : particuliers, entreprises, secteur public territorial et promotion immobilière. Fin 2015, la Bicec est arrivée en 3e position, aussi bien sur le volume des dépôts que sur l’encours total des crédits du marché bancaire, juste derrière AFB et Société générale Cameroun. C’est donc à Alain Ripert qu’incombe la responsabilité de poursuivre l’expansion et le développement de la Bicec au Cameroun. Depuis son arrivée le 5 novembre 2015, il y imprime son empreinte. L’habileté avec laquelle il a su gérer le scandale qui a ébranlé la banque en 2016 témoigne de ses qualités managériales et de sa parfaite maîtrise des rouages du secteur.

Gwendoline Abunaw, Directrice générale d’Ecobank Cameroun

Elle est l’une des rares femmes à avoir pris les commandes d’une banque privée au Cameroun. De chargée de clientèle jusqu’au prestigieux poste de DG, Gwendoline Abunaw a gravi toutes les marches et connaît le secteur bancaire camerounais par cœur. Elle y a fait ses débuts en 2001, à la Standard Chartered Bank, avant de rejoindre pour la première fois en 2003 la filiale camerounaise du groupe togolais Ecobank Transnational Incorporated, en qualité de chargée de clientèle, à la Direction des grands comptes. Un an plus tard, elle dépose ses valises à la Citibank dont elle va étoffer le portefeuille clientèle de grandes entreprises. Très active, discrète et rompue à la tâche, elle retourne en 2011 à Ecobank en qualité de directrice grands comptes. En 2015, cette Camerounaise, diplômée en banque et finance de l’université de Buéa, au Cameroun, et titulaire d’un MBA finance à la London Metropolitan University, est portée au poste de DG adjoint avant de prendre, moins de deux ans plus tard, la suite de Moustapha Fall à la Direction générale Ecobank Cameroun, le 28 avril 2017. Championne des solutions numériques, innovantes et de proximité, Gwendoline Abunaw compte faire passer Ecobank Cameroun dans le trio de tête des meilleures banques du pays. Sa stratégie : miser sur l’application Ecobank Mobile App.

Mohammed Mejbar, aux commandes de SCB Cameroun, filiale du groupe marocain Attijariwafa Bank

Depuis la première moitié du deuxième trimestre 2017, la SCB Cameroun a un nouveau DG : Mohammed Mejbar, DG du Crédit du Congo (CDC) entre 2012 et avril 2017. Titulaire d’un MBA et pur produit de la maison, Mohammed Mejbar est un professionnel confirmé, jouissant d’une longue expérience à des postes de hautes responsabilités. Avant sa nomination comme DG de SCB Cameroun, il était employé au siège, à l’Attijariwafa Bank, comme directeur de réseau entre 2003 et 2010, puis directeur adjoint, et enfin DG du CDC. À la tête du premier grand réseau bancaire du Cameroun, Mohammed Mejbar doit poursuivre le programme de développement de la filiale du groupe au Cameroun. Bien plus, il doit contribuer activement à la bancarisation accrue de la population au travers de la densification et de la proximité du réseau de la banque ; accroître la participation de la banque au financement des investissements massifs nécessaires aux projets structurants ; renforcer le soutien et l’accompagnement aux PME-PMI pour leur développement. Pour l’instant, l’exécution de ce plan de développement bénéficie d’un terreau fertile puisque les principaux indicateurs de performances de SCB Cameroun connaissent une progression significative.

Dr Udom Isong Amos, Directeur général de la filiale Cameroun d’United Bank of Africa (UBA)

Si vous ne le connaissez pas, c’est que vous n’êtes pas client d’UBA Cameroun. D’accord, l’actuel DG est moins célèbre que le P-DG du groupe panafricain UBA, Tony Onyemaechi Elumelu, mais il n’est pas non plus un inconnu dans les milieux d’affaires camerounais. Avant cette nomination, celui qui occupait jusqu’alors le poste de DG d’UBA Congo a officié au Cameroun comme DG adjoint. Les employés d’UBA Cameroun et tous ceux qui l’ont déjà rencontré murmurent qu’il simplifie la vie et privilégie les rapports humains plutôt que la qualité ou la grosseur de leur portefeuille. Que vous soyez un gros investisseur, une jeune entrepreneure ou un particulier, le Dr Udom Isong vous accorde la même attention. Financier de formation, ce banquier d’affaires de profession est un homme de contact. Il explique son secret : « J’exerce mon métier avec mon cœur et c’est en soi un gros investissement. Être DG n’est pas un métier mais une activité professionnelle qui doit sa grandeur et sa noblesse élitistes à la place qu’on accorde aux différentes relations qu’on noue jour après jour. » C’est d’ailleurs conforme à la philosophie du groupe : « Customer first ». En remportant le prix des « Meilleures ventes de cartes VISA prépayées en Afrique francophone » en 2016, UBA s’affiche résolument comme la banque la plus innovante et conquérante.

Chuks Ugha, Standard Chartered

Après plus de 11 ans à la Standard Chartered Cameroun, Mathieu Mandeng va à l’île Maurice prendre la direction générale de cette autre filiale du groupe. Pour le remplacer au Cameroun, la banque a porté son choix sur un ancien de la maison : Chuks Ugha, qui occupait les fonctions de responsable corporate et clientèle institutionnelle à Standard Chartered Cameroun. L’homme cumule environ 24 années d’expérience dans l’industrie bancaire. Il hérite d’un établissement dont l’essentiel de l’activité concerne l’accompagnement des acteurs économiques, et le renforcement des relations de partenariat avec l’État. La filiale camerounaise du groupe sud-africain a triplé ses performances ces six dernières années et jouit aujourd’hui d’une très bonne réputation. Elle a par exemple accordé une facilité de financement de plus de 20,3 milliards de francs CFA pour les activités de pré-export de la Société de développement du coton (Sodecoton) du Cameroun, avant d’obtenir tout récemment pour la même structure un financement de 15,5 millions d’euros de la Société financière internationale (SFI).

Léandre Djummo, Directeur général de Commercial Bank of Cameroon (CBC)

C’est un champion de la gouvernance et de la restructuration bancaires. Il a fait sa carrière chez le régulateur du secteur, la Commission bancaire de l’Afrique centrale (Cobac), et a passé environ 28 ans à des postes de hautes responsabilités à la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC). Avant sa nomination, il officiait comme administrateur d’Afriland First Bank Cameroun et de la Société camerounaise d’équipement (SCE). Consultant et expert financier, il a fondé en 2013 un cabinet d’assistance et d’expertise spécialisé dans la création, l’organisation, l’audit et la restructuration des établissements de crédit et de microfinance. À 68 ans, Léandre Djummo jouit d’une expérience qui rassure. Titulaire d’une licence en droit et en sciences économiques de l’université de Yaoundé depuis 1978 et d’un DESS de banque obtenu au Conservatoire national des arts et métiers de Paris (CNAM) en 1986, ce natif de Bandjoun, dans la région de l’Ouest, a le profil du poste. Il est en charge de piloter la sortie de l’État du tour de table (pour rappel, l’État du Cameroun a 98 % du capital de la CBC) et de stimuler un regain de présence de la banque sur le marché.

Loukoumanou Waidi, Administrateur Directeur général de BGFIBank Cameroun

Depuis juillet 2015, la filiale camerounaise du groupe BGFIBank a un nouvel ADG. Il s’appelle Loukoumanou Waidi. Cet ingénieur formé en administration économique et financière a fait ses preuves à la fois dans le secteur public et dans le secteur privé. Après un riche parcours qui a commencé au service du ministère gabonais de l’Économie et des Finances et s’est poursuivi à Interfi, un établissement de crédit-bail, Loukoumanou Waidi a atterri à Orabank où il a gravi tous les échelons. À la tête de BGFIBank Cameroun, il s’active depuis sa nomination à mettre à exécution le plan « Excellence 2020 » de BGFIBank. Objectif : renforcer le leadership du groupe bancaire en Afrique et maintenir le cap, comme ce fut le cas en 2016 lors de l’Assemblée générale annuelle de la BAD où le groupe a reçu le prix de « Meilleure banque africaine de l’année ».

Daniel Touré, Directeur général de Banque Atlantique Cameroun

Le DG de Banque Atlantique Cameroun est un homme d’expérience. Diplômé des Hautes études commerciales (HEC) de Paris, il a travaillé dans plusieurs banques et occupait, avant sa nomination au Cameroun en 2015, les fonctions de directeur adjoint de la Banque Atlantique Benin. Depuis son arrivée, l’ivoirien Daniel Touré a accru le montant de l’enveloppe que la banque alloue au financement des infrastructures sociales du pays. En 2016, cet établissement de crédit a entrepris un accompagnement à hauteur de 190 milliards de francs CFA pour la construction de logements sociaux dans plusieurs chefs-lieux de région, en partenariat avec le groupe marocain Alliances. Un programme qui entre dans le cadre du plan d’urgence triennal lancé le 9 décembre dernier par le Chef de l’État pour accélérer la croissance de l’économie camerounaise.

Retrouvez cet article en intégralité dans CAPECO Africa N° 10