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Un pays en chantier orienté vers la croissance et l’avenir

Des projets sont en cours, dans les secteurs des transports, de l’énergie, du pétrole, de la santé et de l’éducation notamment, pour permettre au Cameroun de prendre son véritable envol.

Par Claude Rayet - Photo : © DR

De 1965 à 1985, le pays a connu une croissance soutenue (plus de 15 % par an en moyenne), portée par les prix des matières premières, et a longtemps été parmi les pays les plus prospères du continent africain. La situation économique s’est ensuite fortement dégradée jusqu’à la dévaluation, en janvier 1994 du F CFA, précédée par la crise économique de la fin des années 80. Crise marquée par une diminution drastique des salaires des fonctionnaires et agents de l’État, de l’ordre de 70 %. Après une décennie de récession caractérisée par une forte baisse du PIB (- 30 % entre 1985 et 1993) et une chute de 40 % de la consommation par habitant, le Cameroun a renoué avec la croissance économique depuis 1994. Le pays dispose de ressources naturelles agricoles, forestières, minières et pétrolières. Ce qui attire de nombreux investisseurs, nationaux et étrangers. Notamment à la faveur des actions menées pour améliorer le climat des affaires.
En effet, les acteurs nationaux se sentent davantage mis en valeur depuis que le Cameroun Business Forum, une plate-forme de concertation entre le gouvernement et les acteurs économiques privés, a été mis sur pied. Il y a également, depuis avril 2013, la loi portant incitations à l’investissement privé, qui accorde des facilités aux entrepreneurs nationaux et étrangers qui souhaitent s’installer au Cameroun. Ce sont, par exemple, des exonérations de taxes sur les cinq premières années de vie (phase d’installation), une réduction considérable sur les 10 années suivantes, constituant la phase d’exploitation de l’entreprise. Et en ce moment, toutes les structures qui souhaitent s’établir au Cameroun bénéficient de ces facilités. En deux ans, l’API (Agence de promotion des investissements) – une structure créée pour attirer plus d’investisseurs – a déjà signé des contrats avec près d’une trentaine d’entreprises. Un accent particulier étant mis sur les secteurs minier et agricole, véritables leviers de croissance du fait de leur diversité et de leur ouverture sur le marché mondial.


L’agriculture : un secteur prioritaires, qui mobilise près de 70 % de la population camerounaise

Le gouvernement a revu sa politique agricole. La mécanisation du secteur est devenue la priorité des priorités. L’objectif étant non seulement de produire plus et en qualité, mais de pouvoir transformer une bonne partie de la production localement. C’est ainsi qu’une usine d’assemblage de tracteurs a été créée à Ebolowa dans la région du sud, au lendemain du comice agro-pastoral tenu dans cette ville et présidé par le chef de l’État en personne, en 2011. Des tracteurs qui, une fois sur roues, serviront dans les exploitations à travers le pays. Et des exploitations se créent au fil des ans, à la faveur des facilités offertes (riz, maïs, pommes de terre, mil, sorgho, palmier à huile, etc.). Par ailleurs, la recherche agricole est plutôt dynamique. L’Institut de Recherche agricole pour le développement (IRAD) met à la disposition des agriculteurs des semences améliorées au rendement garanti. Et pour faciliter l’écoulement de ces produits, le Projet d’investissement et de développement des marchés agricoles (PIDMA), sur financement de la Banque mondiale (50 milliards de F CFA soit environ 77 millions d’euros) a été mis sur pied. Il met en relation les organisations paysannes et les agro-industries installées au Cameroun. Les industriels s’engageant à acheter les productions locales comme matières premières.


Énergie : un potentiel hydroélectrique, qui pourrait se monter à 12 000 MW

Depuis 2010, le Cameroun a engagé la construction de nouveaux barrages qui, à terme, vont apporter de 700 à 900 Mégawatts (mW). De plus, la production actuelle qui tourne autour de 1100 mW, correspondant au pic de la demande nationale, pour une capacité totale installée de 1 237 mW. Ce qui va nécessiter la construction d’environ 1 000 kilomètres de transmissions comprises entre 90 et 225 kilovolts/ampères. L’installation de ces infrastructures est déjà entamée. Il y a, notamment, le barrage réservoir de Lom Pangar dans la région de l’Est, qui permettra de compléter la régularisation de la Sanaga pour l’optimisation de la production des centrales existantes et créer des conditions favorisant l’aménagement de nombreux nouveaux sites à l’aval du fleuve, à des conditions économiques intéressantes. D’autres projets comme les barrages hydroélectriques de Memve’ele et de Mékin sont avancés. La centrale thermique à gaz de Kribi est déjà opérationnelle, avec 216 mW à injecter dans le réseau interconnecté sud. Sont également en prévision l’interconnexion des transmissions nationales et la réalisation d’extensions vers le Tchad et le Nigeria.


Les mines, des ressources très importantes, un secteur qui présente d’excellentes perspectives de développement

Le potentiel minier du pays fait dire à certains que le Cameroun « est un véritable scandale minier ». En effet, le Cameroun bénéficie d’un sous-sol très riche, selon les experts du ministère en charge des mines. Depuis quelques décennies, des travaux de recherche ont permis de mettre en évidence d’importantes substances minérales, parfois de classe mondiale, notamment le fer, la bauxite, le nickel-cobalt, le titane, l’étain, l’uranium, l’or et le diamant. Mais, il faut dire que les recherches menées jusqu’ici ne concernent que 50 % du territoire camerounais et seulement 40 % de ce potentiel sont exploités. À ce jour, de nombreux projets sont en cours dans les principaux gisements à travers le triangle national. À la faveur de la loi de 2001, portant sur le code minier au Cameroun, 160 permis d’exploration ont été délivrés, contre cinq permis d’exploitation (nickel-cobalt-manganèse, diamant et marbre). Parmi les gisements explorés et développés, on peut citer trois gisements de bauxite (Ngaoundal, Minim-Martap, Fongo-Tongo), deux gisements de fer (Mbalam à l’est et les Mamelles de Kribi), des gisements de nickel-cobalt et manganèse (Lomié), des prospects d’uranium (Poli et Lolodorf), d’or (Batouri, Bétaré Oya, Bindiba), de diamant (Mobilong) et d’étain (Mayo-Darlé). Et les choses iront en s’améliorant, dans la mesure où des efforts de canalisation des mines exploitées, notamment l’or et le diamant sont entrepris et commencent à porter leurs fruits. Grâce au Cadre d’appui et de promotion de l’artisanat minier (CAPAM), le Cameroun compte récolter 31 200 carats de diamant entre 2010 et 2015. Une source non négligeable de revenus, notamment depuis que le Cameroun a accédé au processus de Kimberley, pour assurer la traçabilité et la « propreté » de ses pierres. L’or, quant à lui, est davantage quantifié et mis en sécurité, et les artisans mieux rémunérés, par le même canal. Avec ces actions, le secteur minier devrait, à moyen terme, apporter une contribution plus honorable aux recettes du pays (à peine 1 % actuellement).


Pétrole, des réserves de brut prometteuses, des projets de développement en cours

Le potentiel pétrolier du Cameroun est assez important, géré essentiellement par la Société nationale des hydrocarbures qui, en collaboration avec des entreprises étrangères, exploite ce volet de la richesse du sous-sol. La seule société qui fonctionne dans le raffinage de ce pétrole, jugé assez lourd par les experts, est la Société nationale de raffinage (SONARA). Mais ses capacités commencent à être dépassées. Un projet d’extension est en cours. D’ailleurs, en début 2015, l’État a lancé un appel public à l’épargne à l’international, dont une partie de la somme collectée (750 milliards de F CFA) sera destinée au projet d’extension et de modernisation de la SONARA.


Santé et éducation, un système sanitaire et éducatif relativement développé

Le Cameroun compte des milliers de formations sanitaires, dont les tailles et les compétences diffèrent, selon qu’on est en zone rurale ou urbaine. Dans l’optique de faciliter l’accès aux soins de santé à une plus grande partie de la population, des structures continuent d’être créées, construites et équipées en matériel et en personnels. C’est dans cet ordre d’idées que plusieurs hôpitaux d’envergure sont en train ou viennent d’être construits. On peut citer l’hôpital gynéco-obstétrique et pédiatrique de Douala, dont les responsables ont été nommés il y a peu. Dans la même veine, un centre qui va aider les familles en difficulté de procréation a également vu le jour à Yaoundé. Il reçoit déjà des patients, en attendant son inauguration. Dans la région du sud, l’hôpital de référence de Sangmelima est en cours de finition et devrait accueillir des patients venant de tous les coins du pays et même de la sous-région. Sans oublier l’hôpital de référence de Garoua, dans la région du Nord, en gestation. Les dysfonctionnements du rein étant en passe de devenir un problème de santé publique, des centres d’hémodialyse ont été créés dans chacune des dix régions du pays pour rapprocher les malades de leur traitement. Dans le domaine de l’éducation, le grand chantier en cours est celui de la professionnalisation des enseignements. Une politique qui vise à rendre les jeunes Camerounais aptes à travailler dès qu’ils ont quitté les bancs de l’école. Ce défi est réalisé en collaboration avec le milieu professionnel qui dit à l’État ce dont il a besoin, ce qui permet de mieux orienter les curriculums vitae de formation, tant au niveau du secondaire que du primaire.


Nouvelles technologies, l’internet pour tous

Depuis quelques mois, les Camerounais bénéficient de la technologie 3G, vivant ainsi les avantages de l’internet à portée de main, via trois opérateurs privés (MTN Cameron, Orange Cameroun et Nextel). En plus de l’ADSL offerte par l’opérateur public, la Cameroon Telecommunication (CAMTEL). Toujours pour ce qui est d’Internet, CAMTEL facilite, également, l’accès via la fibre optique, complémentaire au satellite.